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ÉLECTROLYTES · CHAT

Potassium et phosphore chez le chat : lire les électrolytes du bilan

Chez le chat âgé, le potassium et le phosphore sont suivis de près avec la créatinine. Un potassium bas fatigue les muscles ; un phosphore élevé accompagne souvent la maladie rénale avancée. Voici comment lire ces deux lignes et ce qui peut les fausser.

L’essentiel

Chez le chat, le potassium est d’environ 3,7 à 6,1 mmol/l et le phosphore de 1,0 à 2,0 mmol/l (30 à 61 mg/l), selon le laboratoire. Un potassium bas vient souvent de pertes par les reins lors de maladie rénale chronique, et provoque une faiblesse musculaire. Un phosphore élevé traduit le plus souvent une baisse de la filtration rénale. Un potassium élevé doit faire penser à une obstruction urinaire.

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Valeurs normales chez le chat

L’essentiel du potassium se trouve à l’intérieur des cellules, surtout musculaires : la prise de sang n’en voit qu’une petite partie, et un chat peut manquer de potassium malgré un résultat normal [1].

Intervalles du manuel vétérinaire Merck, à titre indicatif [3]. Seul l’intervalle imprimé sur votre compte rendu fait foi.
LigneIntervalle chez le chatUnités
K (potassium)3,7 – 6,1 mmol/lmmol/l et mEq/l donnent le même chiffre [1]
P ou PHOS (phosphore)1,0 – 2,0 mmol/l (30 – 61 mg/l)mg/dl × 0,3229 = mmol/l [2]

Lire la ligne du potassium

Voici une ligne d’exemple chez un chat âgé.

Une ligne de compte rendu, annotée · Exemple illustratif
AbréviationRésultatUnitéIntervalle du laboratoireSignalement
K potassium3,1mmol/l3,7 – 6,1L
  1. Abréviation K, K⁺ ou potassium, souvent dans le bloc des électrolytes avec le sodium (Na) et le chlore (Cl).
  2. Résultat 3,1 mmol/l dans cet exemple : un peu bas.
  3. Unité mmol/l ou mEq/l : le même chiffre pour le potassium [1].
  4. Intervalle du laboratoire Ici l’intervalle chat du manuel vétérinaire Merck [3].
  5. Signalement L ou une flèche vers le bas : sous l’intervalle. Le vétérinaire regarde les valeurs rénales et la force musculaire du chat [1].

Potassium bas chez le chat

  • La maladie rénale chronique, par pertes dans l’urine [1].
  • Les vomissements et la diarrhée [1].
  • Une alimentation pauvre en potassium [1].
  • Le diabète et son traitement : l’insuline fait entrer le potassium dans les cellules [1].
  • L’hyperaldostéronisme, une maladie rare des surrénales du chat d’âge moyen ou âgé, avec faiblesse musculaire, tête et cou penchés vers le bas et hypertension [1, 4].
  • Une forme héréditaire chez le Burmese et les races apparentées, avec des épisodes de faiblesse chez le jeune chat [5].

Le potassium bas affaiblit les muscles, peut perturber le rythme du cœur et réduit la capacité des reins à concentrer l’urine [1].

Potassium élevé : d’abord vérifier l’échantillon

  • Sérum ou plasma. Les plaquettes libèrent du potassium quand le sang coagule : chez le chat, le sérum peut dépasser le plasma de 1,6 mmol/l [1].
  • Un échantillon contaminé par l’EDTA donne un potassium très élevé avec un calcium très bas [1].
  • Une obstruction urinaire, surtout chez le chat mâle, ou une insuffisance rénale aiguë avec peu d’urine : c’est une urgence, car le potassium élevé peut arrêter le cœur [1].

Phosphore élevé ou bas

  • Phosphore élevé et reins. La cause la plus fréquente est une baisse de la filtration rénale ; le phosphore est souvent normal au début de la maladie rénale chronique et monte aux stades avancés [2].
  • Le jeune chat a normalement un phosphore plus élevé que l’adulte [2].
  • L’hyperthyroïdie l’augmente chez jusqu’à 21 % des chats atteints [2].
  • Les lavements au phosphate peuvent provoquer chez le chat un phosphore extrêmement élevé, parfois mortel [2].
  • Faux résultats : un échantillon hémolysé et conservé, ou non séparé et non réfrigéré, peut donner un phosphore faussement élevé [2].
  • Phosphore bas : rare, mais grave lors du traitement d’un diabète par l’insuline ou de la réalimentation par sonde ; un phosphore très bas peut détruire les globules rouges [2].

Les valeurs souvent lues avec le potassium et le phosphore

In English: potassium in dogs and cats.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Le potassium a-t-il été mesuré sur sérum ou sur plasma, et faut-il le recontrôler ?
  2. Les valeurs rénales expliquent-elles le potassium bas ou le phosphore élevé ?
  3. Faut-il un complément de potassium, et comment le suivre ?
  4. Faut-il adapter l’alimentation pour limiter le phosphore ?
  5. Faut-il vérifier la thyroïde (T4) et la tension artérielle ?
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Questions fréquentes

Pourquoi donner du potassium à un chat ?

Pour corriger un potassium bas, fréquent chez le chat atteint de maladie rénale chronique, qui peut provoquer une faiblesse musculaire. Le complément se donne sur prescription et avec un suivi [1].

Quel taux de potassium est inquiétant chez le chat ?

Il n’y a pas de seuil unique. Un potassium nettement bas ou élevé, surtout avec une faiblesse, un malaise ou une obstruction urinaire, demande une prise en charge rapide [1].

Quel est le phosphore normal chez le chat ?

Environ 1,0 à 2,0 mmol/l (30 à 61 mg/l) selon le manuel vétérinaire Merck ; l’intervalle de votre laboratoire s’applique [3].

Pourquoi le phosphore monte-t-il avec la maladie rénale ?

Parce que les reins l’éliminent moins bien quand la filtration baisse, surtout aux stades avancés [2].

Le potassium peut-il être faussement élevé ?

Oui : sur sérum, il est plus élevé que sur plasma chez le chat, et un échantillon contaminé par l’EDTA donne un chiffre très élevé [1].

Sources

  1. eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Potassium (en anglais). eclinpath.com/chemistry/electrolytes/potassium
  2. eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Phosphate (en anglais). eclinpath.com/chemistry/minerals/phosphate
  3. Merck Veterinary Manual. Serum biochemical analysis reference ranges (en anglais). merckvetmanual.com/reference-values-and-conversion-tables/reference-guides/serum-biochemical-analysis-reference-ranges
  4. Lo AJ et al. Treatment of aldosterone-secreting adrenocortical tumors in cats by unilateral adrenalectomy: 10 cases (2002-2012). J Vet Intern Med. 2014;28(1):137-143. doi.org/10.1111/jvim.12186
  5. Malik R et al. Periodic hypokalaemic polymyopathy in Burmese and closely related cats: a review including the latest genetic data. J Feline Med Surg. 2015;17(5):417-426. doi.org/10.1177/1098612X15581135

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.