Des symptômes discrets
| Signe | Fréquence selon les études |
|---|---|
| Abattement | 51 à 100 % |
| Appétit diminué ou absent | 62 à 97 % |
| Déshydratation | 37 à 92 % |
| Température basse | 39 à 68 % |
| Vomissements | 35 à 52 % |
| Amaigrissement | 30 à 47 % |
| Diarrhée | 11 à 38 % |
| Jaunisse | 6 à 37 % |
| Douleur abdominale apparente | 10 à 30 % |
Les experts estiment que la douleur est sous-estimée chez le chat plutôt que vraiment rare [1]. La pancréatite peut être aiguë (totalement réversible) ou chronique (avec des lésions durables) ; la différence se voit surtout au microscope, pas forcément dans les signes [1].
Les examens et ce qu’ils montrent
- Spec fPL (lipase pancréatique féline) : le dosage le plus spécifique. Chez 275 chats malades, un résultat élevé était juste dans 90 % des cas, mais un résultat normal n’écartait pas la pancréatite [1]. Une valeur au-dessus de 5,4 µg/l est compatible avec une pancréatite, entre 3,6 et 5,4 µg/l le résultat est douteux ; les formes chroniques ont souvent une valeur normale [2].
- SNAP fPL : le test rapide en clinique ; un résultat normal rend la pancréatite peu probable [1].
- Lipase DGGR : moins chère, assez concordante avec la Spec fPL, mais moins spécifique car elle mesure aussi d’autres lipases [1].
- L’amylase est peu utile chez le chat [1].
- L’échographie fait partie du bilan de base, mais elle manque beaucoup de formes légères (sensibilité de 11 à 67 %) [1].
Lire la ligne de la Spec fPL
Voici une ligne d’exemple chez un chat qui ne mange plus.
- Abréviation Spec fPL ou fPLI. Ce n’est pas la même chose que la lipase totale ou la lipase DGGR.
- Résultat 9,8 µg/l dans cet exemple : au-dessus du seuil de 5,4 µg/l.
- Unité µg/l.
- Intervalle du laboratoire Jusqu’à 3,5 µg/l est considéré comme normal ; 3,6 à 5,4 est une zone grise [2].
- Signalement H ou une flèche vers le haut : au-dessus de l’intervalle. Soutient une pancréatite si les signes et l’échographie concordent [1].
Les maladies souvent associées
La pancréatite du chat est associée aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, à l’inflammation des voies biliaires (cholangite), à la lipidose hépatique, au diabète et à des atteintes rénales [1]. Chez le chat, le canal biliaire et le canal pancréatique débouchent ensemble dans l’intestin, ce qui pourrait expliquer le lien avec la cholangite [1]. Quand l’intestin, le foie et le pancréas sont enflammés ensemble, on parle de « triadite » ; une étude l’a trouvée chez 17 % de 47 chats examinés [3].
Un chat qui ne mange plus pendant plusieurs jours peut développer une lipidose hépatique, qui augmente nettement le risque de décès ; la mise à jeun n’est pas recommandée [1]. Une pancréatite chronique peut aussi conduire à un diabète ou à une mauvaise digestion (insuffisance pancréatique exocrine) [1]. Voir la glycémie du chat et du chien.
Pronostic
Les formes légères et chroniques sont fréquentes et souvent gérables. Dans la pancréatite aiguë, la mortalité rapportée va de 9 à 41 % ; un calcium ionisé bas, une glycémie basse et des valeurs rénales élevées sont de mauvais signes [1].
Pour aller plus loin
In English: pancreatitis in cats.
Si le chat ne mange plus depuis plusieurs jours : la lipidose hépatique du chat.
Questions à poser à votre vétérinaire
- La Spec fPL est-elle élevée, normale ou dans la zone grise ?
- L’échographie montre-t-elle des lésions du pancréas, du foie ou de l’intestin ?
- Mon chat peut-il avoir aussi une maladie de l’intestin, une cholangite ou une lipidose ?
- La glycémie, le calcium et les valeurs rénales sont-ils normaux ?
- Comment faire pour que mon chat continue à manger ?
Faites expliquer le pancréas, le foie et les reins de votre chat.
AI DiagAnimals lit la Spec fPL, les enzymes du foie, la bilirubine, la glycémie et le reste du bilan avec les intervalles de votre laboratoire, et prépare les questions pour votre vétérinaire. Le service ouvre bientôt : laissez votre adresse e-mail pour être prévenu.
Questions fréquentes
Quels sont les premiers symptômes d’une pancréatite chez le chat ?
Surtout un abattement et un appétit diminué. Vomissements, diarrhée, amaigrissement et jaunisse sont moins constants, et la douleur est difficile à voir chez le chat [1].
Comment soigner une pancréatite chez un chat ?
Le traitement repose sur des soins de soutien choisis par le vétérinaire : hydratation, traitement de la douleur et des nausées, et alimentation précoce. Les maladies associées sont aussi traitées [1].
Quelle est l’espérance de vie d’un chat atteint de pancréatite ?
Beaucoup de chats vivent bien avec une forme légère ou chronique suivie. Les formes aiguës sévères sont plus graves, avec une mortalité rapportée de 9 à 41 % [1].
Combien de temps dure une crise de pancréatite ?
Cela dépend de la gravité et des maladies associées ; la forme aiguë est réversible, alors que la forme chronique laisse des lésions durables [1].
Faut-il mettre un chat à jeun en cas de pancréatite ?
Non. La mise à jeun n’est pas recommandée, car un chat qui ne mange pas risque une lipidose hépatique [1].
Sources
- Forman MA et al. ACVIM consensus statement on pancreatitis in cats. J Vet Intern Med. 2021;35(2):703-723 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16053
- eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Lipase (en anglais). eclinpath.com/chemistry/pancreas/lipase
- Fragkou FC et al. Prevalence and clinicopathological features of triaditis in a prospective case series of symptomatic and asymptomatic cats. J Vet Intern Med. 2016;30(4):1031-1045 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.14356
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.