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INTOXICATION · CHAT

Perméthrine et chat : pipette pour chien, signes et examens

La perméthrine est un insecticide présent dans de nombreuses pipettes antipuces et antitiques pour chien. Sur un chat, même une petite quantité peut provoquer des heures, voire des jours, de contractions musculaires, de tremblements et de convulsions. La plupart des cas surviennent quand un produit pour chien est appliqué au chat par erreur, ou quand le chat se frotte à un chien qui vient d’être traité. Voici que faire, combien de temps durent les signes et ce que contrôle le vétérinaire.

L’essentiel

La perméthrine est un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, utilisé dans des pipettes antiparasitaires pour chien, et très toxique pour le chat. La plupart des intoxications surviennent quand le propriétaire applique un produit pour chien au chat, ou quand le chat a un contact étroit avec un chien traité récemment. Le foie du chat utilise mal l’une des voies (la glucuronoconjugaison) qui servent à l’éliminer. Les signes apparaissent en général en quelques heures : contractions et tremblements musculaires, hypersensibilité au toucher, salivation, pupilles dilatées, température élevée et, dans les cas graves, convulsions. Tremblements et convulsions peuvent durer plus d’une journée, et la récupération prend en général 2 à 3 jours, parfois jusqu’à une semaine. Il n’existe pas d’antidote : le vétérinaire lave le produit et contrôle les tremblements. La prise de sang est souvent normale ; le vétérinaire surveille la température, la glycémie, les électrolytes et les reins. Si de la perméthrine a touché votre chat, appelez tout de suite votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, quelle que soit la quantité.

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Mon chat a reçu une pipette pour chien : que faire ?

Appelez tout de suite votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, comme le CNITV de Lyon, joignable 7 jours sur 7 [16], même si votre chat semble aller bien. La perméthrine est très toxique pour le chat et reste l’une des causes d’intoxication féline les plus fréquentes dans le monde [10]. Gardez la boîte ou la pipette : le vétérinaire a besoin du nom du produit et de sa concentration.

N’attendez pas les signes. Laver le produit sur le pelage fait partie du traitement [9] ; le vétérinaire vous dira s’il faut le faire à la maison avant de venir, ou le fera à la clinique. L’Anses recommande, en cas d’exposition accidentelle et même sans aucun signe, de laver le chat à l’eau tiède avec du savon ou du liquide vaisselle et de demander rapidement conseil à un vétérinaire [11]. La perméthrine fait partie des produits de la maison dangereux pour le chat ; voir aussi les huiles essentielles et le guide des aliments toxiques.

Comment le chat s’intoxique, et pourquoi il est si sensible

La perméthrine est un pyréthrinoïde de synthèse, un dérivé fabriqué des pyréthrines naturelles extraites des fleurs de chrysanthème [9]. Elle est utilisée dans des pipettes antipuces pour chien, contre-indiquées chez le chat [1]. Les pipettes pour chien peuvent contenir de 45 à 65 % de perméthrine, alors que les rares produits faiblement dosés autorisés chez le chat en contiennent 0,05 à 0,1 % [6].

Le plus souvent, le propriétaire applique un produit pour chien au chat, par erreur ou en pensant qu’une plus petite quantité sera sans danger [3, 5, 10]. Le chat peut aussi s’intoxiquer en léchant un chien traité récemment, en se frottant à lui ou en s’installant sur le même canapé [5, 10]. En France, l’Anses a enregistré en 2018 122 déclarations d’effets indésirables chez des chats après un antiparasitaire à base de perméthrine, dont 54 graves et 6 décès, malgré la contre-indication absolue inscrite sur l’étiquette [11].

Pourquoi le chat ? La perméthrine surexcite les nerfs en ralentissant la fermeture de leurs canaux sodium [9]. Le foie l’élimine en partie par glucuronoconjugaison, une voie peu efficace chez le chat [6, 7] : le chat a une capacité bien plus faible à glucuronoconjuguer de nombreuses substances, car un gène d’enzyme clé ne fonctionne pas [15]. C’est le même point faible qui rend le paracétamol si dangereux pour le chat. Une revue de 2026 ajoute que le métabolisme n’explique pas tout : les produits pour chien très concentrés, le faible poids du chat et la toilette, qui transforme un contact cutané en ingestion, s’ajoutent au risque [14].

Les signes : tremblements, convulsions, fièvre et pupilles dilatées

Les signes apparaissent en général en quelques heures. Dans des cas publiés, des chats avaient déjà des contractions ou des tremblements à l’examen, 30 minutes à 2 heures après l’application d’un produit pour chien [6], et chez un autre chat, les signes ont commencé environ 4 heures après [7].

Signes relevés dans une étude rétrospective de 42 chats soignés dans un hôpital de référence. Tous les chats ne les ont pas.
SigneFréquence (42 chats à Sydney [2])
Tremblements ou contractions musculaires (fasciculations)86 %
Secousses41 %
Hypersensibilité au toucher ou au bruit41 %
Convulsions33 %
Température élevée (fièvre)29 %
Salivation24 %
Démarche chancelante (ataxie)24 %
Pupilles dilatées19 %
Cécité temporaire12 %

Sur 286 cas signalés au centre antipoison vétérinaire britannique (VPIS), 96,9 % des chats avaient des signes, et 87,8 % une activité musculaire augmentée : secousses, tremblements ou convulsions [1]. Une respiration rapide et une température très basse sont aussi décrites [6, 7]. Les signes durent longtemps : les convulsions duraient en moyenne 38,9 heures et les tremblements 32 heures [1].

Quelle quantité de perméthrine est toxique pour un chat ?

Aucune quantité n’est connue comme sans danger. La dose toxique minimale est inconnue ; d’après les cas rapportés, environ 100 mg/kg, soit à peu près 1 ml d’un produit à 45 % sur un chat de 4 à 5 kg, peut provoquer une intoxication mortelle, et des quantités plus faibles devraient suffire [6]. L’Anses prévient qu’avec les pipettes concentrées, quelques gouttes peuvent suffire à provoquer des effets graves chez les animaux les plus sensibles [11]. La quantité appliquée ne permet pas de prévoir la gravité [6]. Appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, quelle que soit la quantité.

Ce que contrôle le vétérinaire, et pourquoi

Le diagnostic repose surtout sur l’histoire de l’exposition et les signes typiques [4, 9]. La perméthrine peut être dosée dans les tissus et les liquides de l’organisme, mais elle ne laisse pas de lésion caractéristique [9] : en pratique, le vétérinaire traite d’après l’histoire. La numération et la biochimie sont en général normales, en dehors de changements liés au stress comme une glycémie élevée et des neutrophiles élevés [6]. Les examens cherchent les complications et servent à surveiller le chat.

Une ligne de compte rendu, annotée · Exemple illustratif
AbréviationRésultatUnitéIntervalle du laboratoireSignalement
GLU glucose2,91g/l0,60 – 1,20H
  1. Abréviation GLU, glucose ou glycémie, souvent mesurée en premier aux urgences, avec l’hématocrite et les protéines totales [7].
  2. Résultat 2,91 g/l (291 mg/dl) est la valeur rapportée chez un chat intoxiqué à la perméthrine [6] : élevée, car le stress fait monter la glycémie du chat.
  3. Unité g/l sur beaucoup de comptes rendus français, mmol/l ailleurs en Europe, mg/dl aux États-Unis : 2,91 g/l ≈ 16,2 mmol/l.
  4. Intervalle du laboratoire Ici l’intervalle chat du manuel vétérinaire Merck [13] ; chaque laboratoire fixe le sien.
  5. Signalement H ou une flèche vers le haut : au-dessus de l’intervalle. Dans l’intoxication à la perméthrine, c’est en général une réaction de stress [6] ; après de longues convulsions, le vétérinaire surveille aussi une valeur basse [7].
Contrôles décrits chez des chats intoxiqués à la perméthrine. Beaucoup de chats ont une prise de sang normale ; les examens écartent d’autres causes et suivent les complications.
ContrôleCe qu’on peut trouverPourquoi c’est important
TempératureÉlevée (29 % des chats) ou, plus tard, basse (29 %) [2]Une température élevée est fréquente à l’arrivée ; une température basse était la complication la plus fréquente dans l’étude de Sydney [2]
GlycémieSouvent élevée par le stress ; basse après de longues convulsionsL’hyperglycémie de stress est fréquente [6] ; l’hypoglycémie est une complication possible des convulsions prolongées [7]
ÉlectrolytesAnormaux chez certains chatsDes troubles des électrolytes sont survenus chez 26 % des chats [2] ; la perfusion sert à les équilibrer [6]
CK (créatine kinase)Peut monter si les muscles sont abîmésLa CK sort des muscles lésés ; une hausse montre une atteinte musculaire, pas sa cause [12]
Valeurs rénales et urineEn général normales ; surveillées si les convulsions durentDes convulsions prolongées peuvent libérer de la myoglobine des muscles dans l’urine, ce qui peut abîmer les reins [6, 12]
Hématocrite et protéines totalesPartie du bilan d’urgence de baseUtilisés comme bilan minimal chez les chats intoxiqués [7] ; protéines basses et anémie étaient des complications peu fréquentes [2]

Pour lire un compte rendu félin dans son ensemble, voir la prise de sang du chat.

Prise en charge et pronostic : le chat peut-il guérir ?

Oui, la plupart des chats guérissent avec des soins rapides. Il n’existe pas d’antidote spécifique [9]. Le traitement consiste à laver doucement le pelage avec un détergent doux et de l’eau fraîche ou tiède, à contrôler les tremblements et les convulsions, avec une perfusion et des soins de soutien [6, 9]. Certains vétérinaires ajoutent une perfusion de lipides : dans un essai randomisé sur 34 chats, ceux qui l’ont reçue se sont améliorés plus tôt que ceux qui ont reçu du sérum physiologique [8].

La récupération prend en général 2 à 3 jours, mais 5 à 7 jours chez certains chats [1]. Dans les cas signalés au centre antipoison britannique, 10,5 % des chats sont morts [1]. Dans une clinique d’urgence de Brisbane, 19 chats sur 20 ont guéri, sans séquelle à 4 mois ; le seul décès concernait un chaton traité avec 24 heures de retard [4]. À Sydney, un tiers des chats ont eu des complications et un sur 42 a été euthanasié [2]. Une enquête auprès des vétérinaires australiens a recensé 750 cas et 166 décès en deux ans, dont 39 chats euthanasiés faute de pouvoir payer le traitement [3]. Les chats traités tôt guérissent en général complètement ; ceux dont les convulsions sont difficiles à contrôler ont un pronostic plus réservé [10].

Prévention : traiter le chat contre les puces

  • N’utilisez jamais un antiparasitaire pour chien sur un chat, même en plus petite quantité [10, 11].
  • N’utilisez que des produits prescrits ou autorisés pour le chat, choisis avec votre vétérinaire ; lisez l’étiquette et les mises en garde [10].
  • Soyez vigilant en magasin et en ligne : produits pour chien et pour chat sont souvent côte à côte, et certaines annonces n’indiquent pas les substances actives [10].
  • Si vous avez chien et chat, demandez à votre vétérinaire un traitement du chien sans perméthrine. Si votre chien reçoit un produit à base de perméthrine, tenez le chat à l’écart : jusqu’à ce que le site d’application soit sec et ne puisse pas être léché, selon l’Anses [11], ou pendant 72 heures, selon International Cat Care [10].
  • Tout effet indésirable d’un médicament vétérinaire peut être déclaré à la pharmacovigilance de l’Anses ; votre vétérinaire peut vous aider [10, 11].

Pour aller plus loin

In English: permethrin and cats.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Tout le produit a-t-il été lavé, ou faut-il laver le pelage à nouveau ?
  2. La température de mon chat est-elle normale, et à quelle fréquence sera-t-elle contrôlée ?
  3. La glycémie est-elle élevée à cause du stress, ou basse après les convulsions ?
  4. Les électrolytes, la CK et les valeurs rénales sont-ils normaux ?
  5. Quel antiparasitaire convient à mon chat, et à mon chien s’ils vivent ensemble ?
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Questions fréquentes

Quel est l’autre nom de la perméthrine ?

La perméthrine est un pyréthrinoïde, c’est-à-dire un dérivé de synthèse des pyréthrines naturelles du chrysanthème [9]. En cas de doute sur un produit, montrez la boîte à votre vétérinaire.

Mon chat a reçu une pipette pour chien, que faire ?

Appelez tout de suite votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, comme le CNITV [16], même sans aucun signe. L’Anses recommande de laver le chat à l’eau tiède avec du savon ou du liquide vaisselle et de demander rapidement conseil à un vétérinaire [11] ; suivez ses instructions et gardez la pipette. Appelez votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire, quelle que soit la quantité.

Quels sont les signes d’une intoxication à la perméthrine ?

Surtout des tremblements et contractions musculaires (86 % des chats), une hypersensibilité au toucher, des convulsions, de la fièvre, de la salivation, une démarche chancelante et des pupilles dilatées [2]. Ils apparaissent en général en quelques heures [6, 7] et peuvent durer plus d’une journée [1].

La perméthrine est-elle encore toxique pour le chat une fois sèche ?

Aucune source ne montre qu’un produit sec est sans danger pour le chat. L’Anses conseille de tenir le chien traité à l’écart des chats jusqu’à ce que le site d’application soit sec et de veiller à ce que le chat ne puisse pas le lécher [11] ; International Cat Care conseille de les séparer 72 heures [10]. La perméthrine reste dans la peau et le pelage de l’animal traité, d’où elle peut passer par contact et toilette [14]. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Un chat peut-il guérir d’une intoxication à la perméthrine ?

Oui, la plupart guérissent avec un traitement rapide. Dans une clinique de Brisbane, 19 chats sur 20 ont guéri sans séquelle à 4 mois [4] ; dans les cas signalés au centre antipoison britannique, 10,5 % sont morts [1]. Le pronostic est plus réservé si les convulsions sont difficiles à contrôler : appelez le vétérinaire sans attendre [10].

Sources

  1. Sutton NM, Bates N, Campbell A. Clinical effects and outcome of feline permethrin spot-on poisonings reported to the Veterinary Poisons Information Service (VPIS), London. J Feline Med Surg. 2007;9(4):335-339 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jfms.2007.05.003
  2. Boland LA, Angles JM. Feline permethrin toxicity: retrospective study of 42 cases. J Feline Med Surg. 2010;12(2):61-71 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jfms.2009.09.018
  3. Malik R, Ward MP, Seavers A, et al. Permethrin spot-on intoxication of cats: literature review and survey of veterinary practitioners in Australia. J Feline Med Surg. 2010;12(1):5-14 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jfms.2009.12.002
  4. Dymond NL, Swift IM. Permethrin toxicity in cats: a retrospective study of 20 cases. Aust Vet J. 2008;86(6):219-223 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1751-0813.2008.00298.x
  5. Linnett PJ. Permethrin toxicosis in cats. Aust Vet J. 2008;86(1-2):32-35 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1751-0813.2007.00198.x
  6. Ceccherini G, Perondi F, Lippi I, Grazia G, Marchetti V. Intravenous lipid emulsion and dexmedetomidine for treatment of feline permethrin intoxication: a report from 4 cases. Open Vet J. 2015;5(2):113-121 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26623376
  7. Di Pietro S, Falcone A, Arfuso F, et al. Treatment of permethrin toxicosis in cats by intravenous lipid emulsion. Toxics. 2022;10(4):165 (en anglais). doi.org/10.3390/toxics10040165
  8. Peacock RE, Hosgood G, Swindells KL, Smart L. A randomized, controlled clinical trial of intravenous lipid emulsion as an adjunctive treatment for permethrin toxicosis in cats. J Vet Emerg Crit Care. 2015;25(5):597-605 (en anglais). doi.org/10.1111/vec.12322
  9. Gupta RC, Doss RB. Plant-Derived Insecticide Toxicosis in Animals (pyrethrins and pyrethroids). Merck Veterinary Manual, revu en 2022, mis à jour en 2024 (en anglais). merckvetmanual.com/toxicology/insecticide-and-acaricide-organic-toxicity/plant-derived-insecticide-toxicosis-in-animals
  10. International Cat Care. Permethrin poisoning. Mis à jour en 2025 (en anglais). icatcare.org/articles/permethrin-poisoning
  11. Anses. L’Anses rappelle de ne pas traiter les chats avec les médicaments antiparasitaires pour chiens à base de perméthrine. Communiqué de presse, 7 mai 2019. anses.fr/fr/system/files/PRES2019CPA08.pdf
  12. eClinPath (Cornell University). Creatine kinase (en anglais). eclinpath.com/chemistry/muscle/creatine-kinase
  13. Merck Veterinary Manual. Serum biochemical analysis reference ranges (en anglais). merckvetmanual.com/reference-values-and-conversion-tables/reference-guides/serum-biochemical-analysis-reference-ranges
  14. Britti D, Castagna F, Bava R. Permethrin in companion animals: mechanistic neurotoxicity, dermal pharmacokinetics, and secondary exposure pathways. Toxicol Lett. 2026;422:111928 (en anglais). doi.org/10.1016/j.toxlet.2026.111928
  15. Court MH, Greenblatt DJ. Molecular genetic basis for deficient acetaminophen glucuronidation by cats: UGT1A6 is a pseudogene. Pharmacogenetics. 2000;10(4):355-369 (en anglais). doi.org/10.1097/00008571-200006000-00009
  16. VetAgro Sup. Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires (CNITV). vetagro-sup.fr/recherche-expertise/centre-national-dinformations-toxicologiques-veterinaires-cnitv

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.