Le bengal en bref
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | Issu de croisements entre chats domestiques et chat-léopard du Bengale, à partir de 1963 ; la CFA exige cinq générations d’ascendance domestique [1] |
| Groupe | FIFe catégorie 3 [2] |
| Gabarit | Moyen à grand, corps long et puissant, ossature robuste, très musclé [3] |
| Espérance de vie | 8,51 ans à la naissance dans une étude britannique portant sur 7 936 chats morts en 2019, contre 11,74 ans pour l’ensemble des chats [4] |
| Robe | Poil court, épais et exceptionnellement doux, de préférence scintillant (« glitter ») ; motifs tachetés, en rosettes ou marbrés [1, 3] |
Origine
En 1963, la défenseuse de la nature Jean Mill a croisé un mâle domestique avec une femelle chat-léopard du Bengale. À la même époque, le Dr Willard Centerwall réalisait des croisements similaires pour la recherche. Jean Mill a ensuite utilisé des chats de Centerwall, avec des chats domestiques tachetés, pour créer la race [1].
La FIFe a reconnu le bengal en 1999 [3]. La Cat Fanciers’ Association l’a accepté à l’enregistrement en 2016, en exigeant cinq générations d’ascendance purement domestique, et lui a donné le statut de championnat en 2018 [1].
Les principaux problèmes de santé
- Déficit en pyruvate kinase (déficit en PK) : une anémie hémolytique héréditaire due à une variante du gène PKLR. Les globules rouges vivent moins longtemps, et les signes peuvent comprendre une grande fatigue, une faiblesse, un amaigrissement, une jaunisse et un ventre gonflé, avec un âge d’apparition et une gravité très variables. La transmission est récessive. Sur 320 bengals prélevés pour d’autres tests, 73 portaient une copie de la variante et 5 en portaient deux [5]. Voir l’anémie du chat.
- Dégénérescence précoce de la rétine (APR) : une maladie récessive de la rétine a été décrite dans une famille de bengals. Les lésions étaient visibles dès 9 semaines, la perte de vision évidente vers 1 an, et l’évolution vers la cécité rapide. Elle n’est pas due aux variantes CEP290 ou CRX de l’abyssin et du siamois [6].
- Cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : le bengal est décrit comme sujet à la CMH [7]. Elle se dépiste par échographie cardiaque, et la plupart des éleveurs font examiner leurs reproducteurs par un cardiologue avant la première portée puis à intervalles réguliers [1].
- Polyneuropathie du jeune bengal : une maladie chronique des nerfs, à rechutes, avec faiblesse, a été décrite chez 37 jeunes bengals. La récupération était fréquente, mais des rechutes et une faiblesse résiduelle étaient possibles [8].
- Déformation du thorax chez le chaton : en Suède, des chatons au thorax aplati ou présentant d’autres déformations de la cage thoracique ont été signalés dans 38 des 311 portées de bengals (12 %), et les mort-nés et décès du premier jour étaient plus fréquents dans ces portées [9].
- PIF : dans un hôpital vétérinaire universitaire américain, les bengals faisaient partie des races au risque nettement plus élevé de péritonite infectieuse féline [10]. Voir la PIF du chat.
Analyses et dépistages chez le bengal
- Test ADN du déficit en PK : les auteurs de l’étude sur la variante recommandent ce test pour les bengals [5]. Un chat porteur de deux copies peut présenter une anémie et une jaunisse, visibles sur la numération et la bilirubine [5]. Voir l’anémie du chat et, pour la bilirubine, ALAT et PAL élevées chez le chat.
- Échographie cardiaque : des valeurs de référence des mesures du cœur ont été établies spécialement pour le bengal, pour aider les cardiologues qui dépistent la race à distinguer le normal de l’anormal [7].
- Examen des yeux : dans la famille de bengals atteints, les lésions de la rétine se voyaient à l’examen dès 9 semaines, et l’électrorétinogramme montrait une baisse de fonction des bâtonnets et des cônes dès 7 à 9 semaines [6].
- Autres tests génétiques : les tests génétiques permettent aux éleveurs de bengals de dépister plusieurs maladies héréditaires et d’écarter les porteurs de la reproduction [1].
- Bilan sanguin courant : pour lire la numération et la biochimie d’un chat, voir la prise de sang du chat.
Pour aller plus loin
In English: Bengal cat.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Mon chat ou ses parents ont-ils été testés pour le déficit en pyruvate kinase ?
- La numération de mon chat montre-t-elle un signe d’anémie, et faut-il compter les réticulocytes ?
- Mon bengal doit-il passer une échographie cardiaque, et à quel âge ?
- Les yeux et la vision de mon chat sont-ils normaux pour son âge ?
- Quels signes de PIF ou de faiblesse doivent me faire appeler ?
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Questions fréquentes
Combien de temps vit un chat bengal ?
Dans une étude britannique sur les chats morts en 2019, l’espérance de vie à la naissance du bengal était de 8,51 ans, l’une des plus courtes des races étudiées [4].
Quelles sont les maladies du chat bengal ?
Les problèmes documentés comprennent le déficit en PK [5], une dégénérescence précoce de la rétine [6], la cardiomyopathie hypertrophique [1, 7], une polyneuropathie à rechutes du jeune chat [8], des déformations du thorax chez le chaton [9] et un risque plus élevé de PIF [10].
Qu’est-ce que le déficit en PK du bengal ?
Un manque héréditaire d’une enzyme des globules rouges, la pyruvate kinase. Les globules rouges sont détruits trop tôt, ce qui provoque une anémie ; les signes vont de l’absence de symptômes à une grande fatigue, un amaigrissement et une jaunisse [5].
Un bengal peut-il devenir aveugle ?
Oui. Une dégénérescence récessive de la rétine décrite chez le bengal commence dans les premières semaines de vie et évolue rapidement vers la cécité [6].
Sources
- The Cat Fanciers’ Association. Bengal: breed profile (en anglais). cfa.org/breed/bengal
- Fédération Internationale Féline. Breeds and standards (en anglais). fifeweb.org/cats/breeds
- Fédération Internationale Féline. Standard Bengal (BEN), trilingue anglais, allemand, français. fifeweb.org/wp-content/uploads/2023/10/BEN.pdf
- Teng KT et al. Life tables of annual life expectancy and risk factors for mortality in cats in the UK. J Feline Med Surg. 2024;26(5):1098612X241234556 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X241234556
- Grahn RA et al. Erythrocyte pyruvate kinase deficiency mutation identified in multiple breeds of domestic cats. BMC Vet Res. 2012;8:207 (en anglais). doi.org/10.1186/1746-6148-8-207
- Ofri R et al. Characterization of an early-onset, autosomal recessive, progressive retinal degeneration in Bengal cats. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2015;56(9):5299-5308 (en anglais). doi.org/10.1167/iovs.15-16585
- Scansen BA, Morgan KL. Reference intervals and allometric scaling of echocardiographic measurements in Bengal cats. J Vet Cardiol. 2015;17 Suppl 1:S282-S295 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jvc.2015.02.001
- Bensfield AC et al. Recurrent demyelination and remyelination in 37 young Bengal cats with polyneuropathy. J Vet Intern Med. 2011;25(4):882-889 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2011.0740.x
- Holst BS et al. Thoracic wall deformity in Bengal cats: morphological findings and results from a breeder questionnaire. Vet J. 2026;317:106669 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2026.106669
- Pesteanu-Somogyi LD et al. Prevalence of feline infectious peritonitis in specific cat breeds. J Feline Med Surg. 2006;8(1):1-5 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jfms.2005.04.003
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.
