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Bull terrier : santé et ce que montrent les analyses

Le bull terrier, avec sa tête en forme d’œuf, porte deux maladies rénales héréditaires que l’analyse d’urine et l’échographie peuvent repérer tôt. La surdité est fréquente chez les chiens blancs, les maladies des valves du cœur sont courantes, et une maladie héréditaire rare de la peau et de l’immunité touche les chiots. Le rapport protéines/créatinine urinaire (RPCU) est l’examen de dépistage clé de la race.

Un bull terrier blanc debout sur l’herbe, vu de profil
Photo : Lilly M · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

La durée de vie médiane du bull terrier était de 12,0 ans dans une grande étude britannique. Deux maladies rénales héréditaires existent dans la race : la néphrite héréditaire et la polykystose rénale, que l’échographie a trouvée chez 39 bull terriers sur 150 apparemment sains. Toutes deux font passer des protéines dans l’urine : le rapport protéines/créatinine urinaire (RPCU) sert donc au dépistage. Environ 1 chiot sur 10 naît sourd d’une ou des deux oreilles, presque toujours un chiot blanc. Les maladies des valves du cœur et l’acrodermatite létale, une maladie récessive avec un test ADN, complètent le tableau.

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Le bull terrier en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineGrande-Bretagne [1]
GroupeGroupe 3 de la FCI, section 3 (terriers de type bull) [1]
Poids23 à 32 kg [2] ; le standard FCI ne fixe aucune limite de poids [1]
Taille53 à 56 cm [2] ; pas de limite de taille dans le standard FCI, sauf pour le bull terrier miniature [1]
Espérance de vieMédiane de 12,0 ans dans une étude britannique de 2024 portant sur plus de 580 000 chiens [3]
PoilCourt, plat et dur, au léger brillant ; blanc, ou coloré : bringé, rouge, fauve ou tricolore [1]

Origine

James Hinks a fixé le type de la race dans les années 1850 en sélectionnant la tête en forme d’œuf. Le bull terrier a été présenté pour la première fois sous sa forme actuelle à Birmingham en 1862, et le Bull Terrier Club a été fondé en 1887 [1].

Un type plus petit existe depuis le début du XIXe siècle. Retiré du registre du Kennel Club en 1918, il a été relancé à partir de 1938 sous le nom de bull terrier miniature, dont le standard est identique, à une limite de taille près [1].

Les problèmes de santé fréquents

  • Néphrite héréditaire : une fréquence élevée d’insuffisance rénale a été rapportée chez les bull terriers australiens. Dans une famille de 33 chiens, 10 avaient une maladie rénale, sous forme de protéines dans l’urine, d’anomalies des membranes basales du rein, d’insuffisance rénale ou de reins en phase terminale, selon un mode de transmission autosomique dominant [4]. Voir l’insuffisance rénale du chien.
  • Polykystose rénale : le dépistage échographique de 150 bull terriers apparemment sains a trouvé la maladie chez 39 d’entre eux. Elle se transmet sur un mode autosomique dominant à forte pénétrance [6] et est liée à une mutation du gène Pkd1 [7].
  • Surdité : sur 1 060 chiots bull terriers testés en Angleterre, 10,19 % étaient sourds, 8,21 % d’une oreille et 1,98 % des deux. Parmi les chiots sourds, 96,29 % avaient une robe blanche, et 19,29 % des chiots blancs étaient sourds [9].
  • Maladies du cœur : sur 101 bull terriers d’une étude universitaire danoise, 65 % avaient une maladie cardiaque, surtout des anomalies de la valve mitrale (47 %) et une sténose aortique (29 %). Les bull terriers sains avaient aussi une valve mitrale plus petite que les chiens de même gabarit [10]. Voir l’insuffisance cardiaque du chien.
  • Acrodermatite létale : une maladie autosomique récessive du bull terrier et du bull terrier miniature, avec retard de croissance, déficit immunitaire et lésions de la peau, surtout aux pattes. Elle est due à un variant du gène MKLN1, ce qui permet un test génétique [11].

Ce qui est particulier dans les analyses du bull terrier

Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres au bull terrier. Ses maladies rénales se voient toutefois sur les analyses d’urine et de sang, souvent avant que le chien ait l’air malade.

Rapport protéines/créatinine urinaire (RPCU). Un programme d’un club de race britannique pour le bull terrier miniature dépiste avec le RPCU à 12 mois, puis chaque année. Un rapport jusqu’à 0,5 est considéré comme sans risque, et tout résultat au-dessus de 0,5 doit être exploré ; un seuil plus bas de 0,3, proposé par des travaux australiens, n’a pas été adopté par le Kennel Club. L’urine doit être exempte de sang et d’inflammation, idéalement recueillie en milieu de jet le matin, avant le repas [8]. Voir la protéinurie.

Quand les reins défaillent. Chez 15 bull terriers de 1 à 8 ans en insuffisance rénale chronique, la prise de sang montrait une hausse de l’urée et de la créatinine, du phosphore et du cholestérol ; les 13 chiens testés avaient des protéines dans l’urine, et l’urine était peu concentrée, avec une densité de 1,011 à 1,017 [5]. Nos guides de la créatinine et de l’analyse d’urine expliquent ces valeurs.

Polykystose. Un sédiment urinaire anormal et une protéinurie étaient fréquents chez les chiens atteints [6]. La mutation Pkd1 a été retrouvée chez les 47 bull terriers atteints testés et chez aucun des 102 chiens indemnes de plus d’un an : les jeunes chiens peuvent donc être testés avant la reproduction [7].

Test auditif. La surdité se diagnostique par le test des potentiels évoqués auditifs (PEA ou BAER), réalisé dans l’étude anglaise sur des portées entières vers 6 semaines [9].

Zinc et acrodermatite létale. Beaucoup de signes évoquent une carence en zinc, mais le dosage du zinc sanguin a peu de valeur pour le diagnostic ; une biopsie de peau avec des lésions typiques confirme la maladie [12].

Pour aller plus loin

In English: Bull Terrier.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Mon bull terrier doit-il avoir un RPCU chaque année ?
  2. Faut-il contrôler ses reins par échographie pour rechercher des kystes ?
  3. Mon chiot a-t-il passé un test auditif (BAER) pour les deux oreilles ?
  4. Mon chien a-t-il un souffle au cœur, et faut-il une échographie cardiaque ?
  5. Les parents ont-ils été testés pour l’acrodermatite létale et la polykystose rénale ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un bull terrier ?

Une étude britannique de 2024 portant sur plus de 580 000 chiens a trouvé une durée de vie médiane de 12,0 ans [3].

Le bull terrier a-t-il des problèmes de reins ?

Oui. La néphrite héréditaire [4] et la polykystose rénale [6] sont toutes deux héréditaires dans la race, et toutes deux peuvent faire passer des protéines dans l’urine.

Qu’est-ce que le RPCU chez le bull terrier ?

Une analyse d’urine qui compare les protéines à la créatinine. Un programme d’un club de race britannique l’utilise dès 12 mois puis chaque année, et explore les rapports au-dessus de 0,5 [8].

Les bull terriers blancs sont-ils souvent sourds ?

Oui. Chez des chiots anglais, 19,29 % des chiots blancs étaient sourds d’une ou des deux oreilles, et presque tous les chiots sourds étaient blancs [9].

Quels problèmes cardiaques a le bull terrier ?

Les anomalies de la valve mitrale et la sténose aortique étaient les plus fréquentes dans une étude danoise, où 65 % des bull terriers avaient une maladie cardiaque [10].

Sources

  1. FCI. Standard n° 11 : Bull Terrier. 2026 (en anglais). fci.be/Nomenclature/Standards/011g03-en.pdf
  2. American Kennel Club. Bull Terrier: dog breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/bull-terrier
  3. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  4. Hood JC et al. Hereditary nephritis in the bull terrier: evidence for inheritance by an autosomal dominant gene. Vet Rec. 1990;126(18):456-459 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2356601
  5. Robinson WF et al. Chronic renal disease in bull terriers. Aust Vet J. 1989;66(7):193-195 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1751-0813.1989.tb09805.x
  6. O’Leary CA et al. Polycystic kidney disease in bull terriers: an autosomal dominant inherited disorder. Aust Vet J. 1999;77(6):361-366 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1751-0813.1999.tb10304.x
  7. Gharahkhani P et al. A non-synonymous mutation in the canine Pkd1 gene is associated with autosomal dominant polycystic kidney disease in Bull Terriers. PLoS One. 2011;6(7):e22455 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pone.0022455
  8. The Miniature Bull Terrier Club. Kidney disease (en anglais). miniaturebullterrierclub.org/kidney-disease
  9. De Risio L et al. Prevalence, heritability and genetic correlations of congenital sensorineural deafness and coat pigmentation phenotype in the English bull terrier. BMC Vet Res. 2016;12:146 (en anglais). doi.org/10.1186/s12917-016-0777-6
  10. Chompoosan C et al. Epidemiology of heart disease in English Bull Terriers and echocardiographic characteristics of mitral valve abnormalities. J Small Anim Pract. 2022;63(5):372-380 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.13472
  11. Bauer A et al. MKLN1 splicing defect in dogs with lethal acrodermatitis. PLoS Genet. 2018;14(3):e1007264 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pgen.1007264
  12. McEwan NA et al. Diagnostic features, confirmation and disease progression in 28 cases of lethal acrodermatitis of bull terriers. J Small Anim Pract. 2000;41(11):501-507 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1748-5827.2000.tb03972.x

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.