Le carlin en bref
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | Chine ; patronage Grande-Bretagne [1] |
| Groupe | Groupe 9 de la FCI (chiens d’agrément et de compagnie), section 11, molossoïdes de petit format [1] |
| Poids | Idéal 6,3 à 8,1 kg selon le standard FCI [1] ; médiane de 8,95 kg chez les carlins de compagnie britanniques [3] |
| Taille au garrot | 25 à 33 cm [4] |
| Espérance de vie | Survie médiane de 11,6 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques [2] |
| Robe | Poil fin, lisse, doux, court et brillant ; argent, abricot, fauve ou noir [1] |
Origine
Le standard indique la Chine comme pays d’origine du carlin. Il est arrivé en Europe avec les marchands de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et était déjà apprécié aux Pays-Bas au XVIe siècle, puis il est arrivé en Angleterre avec Guillaume III. Jusqu’en 1877, la race n’y existait qu’en fauve, avant l’arrivée d’un couple noir venu d’Orient [1].
Le standard actuel précise que les narines pincées sont inacceptables, que les yeux ne doivent jamais être proéminents et que l’obésité est inacceptable [1].
Les principaux problèmes de santé
Une étude britannique a comparé 4 308 carlins à 21 835 autres chiens. Les carlins avaient un risque plus élevé pour 23 des 40 troubles fréquents étudiés, et un risque plus faible pour 7 [3].
- Respiration (BOAS) : 54 fois plus fréquent que chez les autres chiens, et les narines rétrécies 51 fois [3]. Voir aussi le bouledogue français et le bouledogue anglais, deux autres races à face plate.
- Yeux : les ulcères de la cornée étaient 13 fois plus fréquents que chez les autres chiens [3], et l’œil sec (kératoconjonctivite sèche) 22 fois plus fréquent que chez les chiens croisés [5]. Les troubles de la cornée touchaient 8,7 % des carlins sur un an dans une étude plus ancienne [6].
- Peau et oreilles : la dermatite des plis était 11 fois plus fréquente, et les écoulements d’oreille près de 10 fois [3].
- Poids : le surpoids ou l’obésité était le problème le plus fréquent, chez 13,2 % des carlins sur un an [6].
- Colonne vertébrale : parmi 106 carlins vus pour une maladie de la colonne dans un hôpital de référé britannique, 74,5 % avaient des signes d’apparition progressive. Les diagnostics les plus fréquents étaient les diverticules arachnoïdiens spinaux et les protrusions discales chroniques, 24,0 % chacun [7].
- Inflammation du cerveau : dans des centres de référé britanniques, les carlins avaient 6,3 fois plus de risque que les chiens croisés de méningo-encéphalite d’origine inconnue [8]. L’encéphalite du carlin, ou méningo-encéphalite nécrosante, en est une forme potentiellement mortelle [9].
- Shunt hépatique : un shunt porto-systémique congénital était diagnostiqué chez 1,3 % des carlins dans une base de données d’hôpitaux universitaires américains, contre 0,05 % des chiens croisés [10]. Voir le shunt porto-systémique du chien.
- Moins de souffles cardiaques : les carlins avaient environ quatre fois moins de risque de souffle cardiaque que les autres chiens [3].
Prise de sang, tests ADN et dépistages
Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence sanguins publiés propres au carlin. Les principaux outils de dépistage dans la race sont une évaluation respiratoire et un test ADN.
- Grille BOAS : le programme du Kennel Club britannique et de l’université de Cambridge note la respiration de 0 à 3, au repos puis après 3 minutes d’exercice, dès 12 mois et tous les deux ans [11].
- Numération et BOAS : les chiens à face plate de grade BOAS 2 ou 3 avaient un hématocrite plus élevé, et tous les grades un gaz carbonique sanguin plus élevé que les chiens à museau normal, le plus souvent dans les valeurs normales [12]. La créatinine était aussi un peu plus haute [12].
- Test ADN de l’encéphalite du carlin : chez 5 974 carlins européens testés entre 2012 et 2020, la variante de risque du chromosome 12 (CFA12:2605517delC) avait une fréquence allélique de 25,7 % ; 7,4 % des chiens en portaient deux copies et 36,7 % une copie. Les carlins malades étaient plus souvent homozygotes. Les auteurs rappellent que le test est recommandé avant la reproduction [9].
- Diagnostic de l’inflammation du cerveau : dans les centres de référé britanniques, 91,5 % des chiens diagnostiqués avec une méningo-encéphalite d’origine inconnue avaient eu une IRM et une analyse du liquide céphalorachidien, et 92,5 % un dépistage des maladies infectieuses [8].
- Recherche d’un shunt : pour les races plus exposées, les auteurs de l’étude américaine conseillent des examens adaptés chez les chiens qui ont des signes et chez ceux destinés à la reproduction [10]. Voir les acides biliaires chez le chien.
Pour aller plus loin
In English: Pug.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Mon carlin doit-il passer une évaluation respiratoire BOAS, et quel est son grade ?
- A-t-il été testé pour la variante de risque de l’encéphalite du carlin ?
- Faut-il mesurer sa production de larmes pour dépister un œil sec ?
- Son poids est-il adapté, compte tenu du lien avec les problèmes respiratoires ?
- Comment nettoyer et surveiller ses plis de peau et ses oreilles entre deux visites ?
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Questions fréquentes
Quelle est l’espérance de vie d’un carlin ?
Dans une grande étude britannique, la survie médiane des carlins était de 11,6 ans, et leur risque de décès était 1,34 fois celui des chiens croisés [2].
Quelles sont les maladies du carlin ?
Par rapport aux autres chiens, ses prédispositions les plus fortes sont le BOAS, les narines rétrécies, les ulcères de la cornée et la dermatite des plis [3]. Surpoids, troubles de la cornée et otites étaient les problèmes les plus fréquents dans une étude plus ancienne [6].
Qu’est-ce que l’encéphalite du carlin ?
Une inflammation du cerveau potentiellement mortelle, appelée aussi méningo-encéphalite nécrosante. Chez les carlins européens, elle est liée à une variante de risque du chromosome 12 ; l’âge médian d’apparition était de 1 an [9].
Existe-t-il un test ADN de l’encéphalite du carlin ?
Oui. Un test détecte la variante de risque CFA12. Un résultat positif ne signifie pas que le chien tombera malade, mais les carlins atteints étaient plus souvent homozygotes pour cette variante [9].
Qu’est-ce que la grille BOAS pour le carlin ?
Une évaluation de la respiration par un vétérinaire formé, au repos puis après 3 minutes d’exercice, notée de 0 à 3, dès 12 mois et tous les deux ans [11].
Sources
- Fédération Cynologique Internationale. Standard FCI N° 253 : Pug (carlin). 2026 (en anglais). fci.be/Nomenclature/Standards/253g09-en.pdf
- McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
- O’Neill DG et al. Health of Pug dogs in the UK: disorder predispositions and protections. Canine Med Genet. 2022;9(1):4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-022-00117-6
- American Kennel Club. Pug: breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/pug
- O’Neill DG et al. Keratoconjunctivitis sicca in dogs under primary veterinary care in the UK: an epidemiological study. J Small Anim Pract. 2021;62(8):636-645 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.13382
- O’Neill DG et al. Demography and health of Pugs under primary veterinary care in England. Canine Genet Epidemiol. 2016;3:5 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-016-0035-z
- Kerr S et al. Prevalence and breed predisposition for spinal diseases in pugs and French bulldogs. Vet Rec. 2025;196(4):e5122 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.5122
- Choi Y, O’Neill DG et al. Meningoencephalitis of unknown origin in dogs under veterinary referral care in England (2017-2021): a multicenter case control study. Front Vet Sci. 2025;12:1710593 (en anglais). doi.org/10.3389/fvets.2025.1710593
- van Renen J et al. Allele frequency of a genetic risk variant for necrotizing meningoencephalitis in pug dogs from Europe and association with the clinical phenotype. Front Vet Sci. 2024;11:1407288 (en anglais). doi.org/10.3389/fvets.2024.1407288
- Tobias KM, Rohrbach BW. Association of breed with the diagnosis of congenital portosystemic shunts in dogs: 2,400 cases (1980-2002). J Am Vet Med Assoc. 2003;223(11):1636-1639 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.2003.223.1636
- The Royal Kennel Club. Respiratory Function Grading Scheme (en anglais). royalkennelclub.com/health-and-dog-care/health-dog-care/health/getting-started-with-health-testing-and-screening/respiratory-function-grading-scheme
- Facin AC et al. Evaluation of systemic consequences of brachycephalic obstructive airway syndrome in dogs. Vet Rec. 2025:e70176 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.70176
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.
