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RACE · CHAT

Maine coon : santé, dépistage cardiaque et prise de sang

Le maine coon est l’une des plus grandes races de chats. Son problème de santé le plus connu est la cardiomyopathie hypertrophique, un épaississement du muscle cardiaque lié dans cette race à une variante du gène MYBPC3 appelée A31P. La dysplasie de la hanche est aussi fréquente. Voici ce que montrent les études et les examens dont votre vétérinaire peut vous parler.

Maine coon tabby argenté assis dehors en hiver, avec des oreilles à plumets et une épaisse collerette
Photo : T. Bjornstad · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Dans une étude britannique sur 2019, l’espérance de vie à la naissance du maine coon était de 9,71 ans. Environ un tiers des maine coons testés dans le monde portent la variante MYBPC3 A31P ; les chats qui en ont deux copies ont un risque élevé de cardiomyopathie hypertrophique (CMH) et de mort d’origine cardiaque, alors que la plupart des chats qui n’en ont qu’une restent indemnes pendant des années. Un chat sans la variante peut tout de même développer une CMH : l’échographie du cœur reste l’examen de dépistage de référence. Environ un maine coon sur quatre radiographié pour le registre américain des hanches avait une dysplasie.

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Le maine coon en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineÉtats-Unis (Nouvelle-Angleterre) [1]
GroupeFIFe catégorie 2 (races semi-longues) [2]
GabaritGrand, robuste, à croissance lente (jusqu’à 3 ans) ; les mâles adultes atteignent ou dépassent souvent 9 kg, les femelles sont plus petites [1]
Espérance de vie9,71 ans à la naissance dans une étude britannique de 7 936 décès de chats en 2019 [3]
PelageÉpais et hirsute, plus court sur les épaules et plus long sur les flancs, le ventre et les pattes arrière, avec une longue queue en panache [1]

Origine

Les racines du maine coon se trouvent en Nouvelle-Angleterre, où des chats de navire à poil court sont arrivés avec les premiers colons ; l’idée d’un croisement avec le raton laveur est génétiquement impossible. Un maine coon tabby brun a été désigné meilleur chat lors de la première exposition féline des États-Unis, en 1895 [1].

La race a disparu des expositions au début du XXe siècle, puis des éleveurs ont œuvré à son retour et la Cat Fanciers’ Association lui a accordé le statut de champion en 1976 [1].

Les problèmes de santé fréquents

  • Cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : en 2005, une variante du gène MYBPC3 (A31P) a été identifiée chez des maine coons atteints de CMH familiale [4]. Parmi les maine coons testés par un laboratoire américain, 34 % la portaient [5]. Dans une cohorte danoise de 282 maine coons, 80 % des chats porteurs de deux copies ont développé une CMH et 48 % sont morts d’une cause cardiaque pendant le suivi, un risque bien plus élevé que chez les chats porteurs d’une seule copie ou d’aucune [6].
  • Pourquoi le test génétique ne dit pas tout : la variante est bien plus fréquente que la maladie, et ce sont surtout les chats porteurs de deux copies qui développent une CMH significative ; des maine coons sans la variante ont aussi été diagnostiqués avec une CMH [7].
  • Dysplasie de la hanche : dans le registre américain de l’Orthopedic Foundation for Animals, 24,9 % de 2 548 maine coons avaient une dysplasie de la hanche, un peu plus les mâles (27,3 %) que les femelles (23,3 %) ; 56 % des cas touchaient les deux hanches [8].
  • Maladie dentaire : 16,7 % des maine coons avaient une maladie parodontale sur un an de consultations au Royaume-Uni, parmi les chiffres les plus élevés, contre 15,2 % de l’ensemble des chats [9].
  • Maladies neuromusculaires héréditaires : un test ADN existe pour l’amyotrophie spinale (gène LIX1), et une myopathie myotubulaire liée à l’X, associée à une variante du gène MTM1, a été décrite chez un maine coon de 7 mois [10].

Espérance de vie : dans la même étude britannique, les chats de race et les chats au poids non idéal vivaient moins longtemps [3].

Analyses et dépistages chez le maine coon

  • Test ADN MYBPC3 A31P : recommandé pour les maine coons destinés à la reproduction, et envisageable chez le chat de compagnie pour estimer son risque. Un résultat négatif n’exclut pas une CMH : une échographie cardiaque régulière doit être envisagée même chez les chats sans la variante [7].
  • Échographie du cœur (échocardiographie) : l’examen qui mesure l’épaisseur des parois du cœur et la taille de l’oreillette gauche [7].
  • Dosage sanguin du NT-proBNP : chez 227 chats, une valeur supérieure à 46 pmol/l séparait les chats atteints de cardiomyopathie cachée des chats normaux avec une sensibilité de 85,8 % et une spécificité de 91,2 % [11]. Les experts ne le recommandent pas pour distinguer un chat normal d’un chat atteint de CMH légère à modérée ; il sert surtout à repérer les formes sévères, ou quand l’échographie n’est pas disponible [7].
  • Thyroïde et tension artérielle : chez un chat aux parois cardiaques épaissies, un dosage de T4 et une mesure de la tension sont recommandés pour rechercher une hyperthyroïdie ou une hypertension [7]. Voir l’hyperthyroïdie du chat.
  • Groupe sanguin : environ 3 % des maine coons étaient de groupe B dans des données de races regroupées, les autres de groupe A [12]. Les chats de groupe B ont de puissants anticorps naturels contre le groupe A : déterminer le groupe avant une transfusion compte chez tous les chats [12]. Voir l’anémie du chat.
  • Radiographies des hanches : notées par des registres comme l’Orthopedic Foundation for Animals [8].
  • Bilans sanguins de routine : ils se lisent comme ceux de tout chat adulte. Voir la prise de sang du chat et la créatinine chez le chat.

Pour aller plus loin

In English: Maine Coon.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Mon chat a-t-il été testé pour la variante MYBPC3 A31P, et porte-t-il une ou deux copies ?
  2. À quel âge et à quel rythme mon maine coon doit-il passer une échographie cardiaque ?
  3. Un dosage du NT-proBNP serait-il utile pour mon chat, et comment le lire ?
  4. Faut-il radiographier les hanches de mon chat ?
  5. Connaît-on le groupe sanguin de mon chat ?
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Questions fréquentes

Combien de temps vit un maine coon ?

Dans une étude britannique sur les chats morts en 2019, l’espérance de vie à la naissance du maine coon était de 9,71 ans, contre 11,74 ans pour l’ensemble des chats [3].

Quelles sont les maladies du maine coon ?

La cardiomyopathie hypertrophique et la dysplasie de la hanche sont les mieux documentées ; la maladie parodontale est aussi fréquente [5, 8, 9].

Un test MYBPC3 positif veut-il dire que mon maine coon sera cardiaque ?

Pas forcément. Le risque est le plus élevé avec deux copies de la variante : 80 % de ces chats ont développé une CMH dans une cohorte danoise. La plupart des chats porteurs d’une seule copie ne développent pas de maladie significative, et des chats sans la variante peuvent être atteints [6, 7].

Quels examens pour un maine coon ?

Le test ADN MYBPC3 A31P, l’échographie cardiaque de dépistage et, pour les reproducteurs, la radiographie des hanches sont les examens les plus souvent discutés [7, 8].

Une prise de sang peut-elle détecter la CMH chez le maine coon ?

Le NT-proBNP peut orienter vers une maladie du cœur, mais il manque beaucoup de formes légères à modérées ; l’échographie cardiaque est nécessaire pour confirmer la CMH et en évaluer le stade [7, 11].

Sources

  1. The Cat Fanciers’ Association. Maine Coon Cat: breed profile (en anglais). cfa.org/breed/maine-coon
  2. Fédération Internationale Féline. Breeds and standards (en anglais). fifeweb.org/cats/breeds
  3. Teng KT et al. Life tables of annual life expectancy and risk factors for mortality in cats in the UK. J Feline Med Surg. 2024;26(5):1098612X241234556 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X241234556
  4. Meurs KM et al. A cardiac myosin binding protein C mutation in the Maine Coon cat with familial hypertrophic cardiomyopathy. Hum Mol Genet. 2005;14(23):3587-3593 (en anglais). doi.org/10.1093/hmg/ddi386
  5. Fries R et al. Prevalence of the myosin-binding protein C mutation in Maine Coon cats. J Vet Intern Med. 2008;22(4):893-896 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2008.0113.x
  6. Granström S et al. Genotype-phenotype correlation between the cardiac myosin binding protein C mutation A31P and hypertrophic cardiomyopathy in a cohort of Maine Coon cats: a longitudinal study. J Vet Cardiol. 2015;17 Suppl 1:S268-S281 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jvc.2015.10.005
  7. Luis Fuentes V et al. ACVIM consensus statement guidelines for the classification, diagnosis, and management of cardiomyopathies in cats. J Vet Intern Med. 2020;34(3):1062-1077 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.15745
  8. Loder RT, Todhunter RJ. Demographics of hip dysplasia in the Maine Coon cat. J Feline Med Surg. 2018;20(4):302-307 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X17705554
  9. O’Neill DG et al. Periodontal disease in cats under primary veterinary care in the UK: frequency and risk factors. J Feline Med Surg. 2023;25(3):1098612X231158154 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X231158154
  10. Kopke MA et al. X-linked myotubular myopathy associated with an MTM1 variant in a Maine coon cat. J Vet Intern Med. 2022;36(5):1800-1805 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16509
  11. Fox PR et al. Multicenter evaluation of plasma N-terminal probrain natriuretic peptide (NT-pro BNP) as a biochemical screening test for asymptomatic (occult) cardiomyopathy in cats. J Vet Intern Med. 2011;25(5):1010-1016 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2011.00776.x
  12. Silvestre-Ferreira AC, Pastor J. Feline neonatal isoerythrolysis and the importance of feline blood types. Vet Med Int. 2010;2010:753726 (en anglais). doi.org/10.4061/2010/753726

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.