Un peu de clarté. Beaucoup d’amour.
RACE · CHIEN

Malamute : santé et ce que montrent les analyses

Le malamute de l’Alaska est un lourd chien de traîneau arctique, bâti pour la force plutôt que pour la vitesse. Ses données de santé pointent l’hypothyroïdie, avec des valeurs thyroïdiennes qui peuvent être basses chez des chiens sains, une dermatose répondant au zinc, la dysplasie de la hanche, et des maladies héréditaires des nerfs, des yeux et des globules rouges, dont plusieurs ont un test ADN.

Un malamute gris et blanc trottant sur l’herbe lors d’une exposition canine
Photo : Wojciech Pędzich · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Une grande étude britannique situe la durée de vie médiane du malamute à 11,3 ans. Dans les cliniques britanniques, le malamute avait 9,71 fois plus de risques qu’un croisé d’être diagnostiqué hypothyroïdien, alors que des malamutes sains peuvent avoir des hormones thyroïdiennes au niveau ou au-dessous des limites basses habituelles. Une dermatose familiale répondant au zinc touche la race. Dans le dépistage suédois, 16,9 % avaient une dysplasie de la hanche. Des tests ADN existent pour une polyneuropathie héréditaire et pour la cécité diurne, et une forme de nanisme s’accompagne de globules rouges gros, pâles et fragiles.

Vous avez le compte rendu de votre malamute sous les yeux ? Faites expliquer chaque valeur simplement. Déposer le compte rendu

Le malamute en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineÉtats-Unis [1]
GroupeGroupe 5 de la FCI, section 1 (chiens nordiques de traîneau) [1]
PoidsTaille de travail recherchée : 38 kg pour les mâles et 34 kg pour les femelles [1] ; poids adulte médian de 40,7 kg dans les cliniques britanniques [3]
TailleRecherchée : 63,5 cm pour les mâles et 58,5 cm pour les femelles [1]
Espérance de vieMédiane de 11,3 ans dans une grande étude britannique [2] ; âge médian au décès de 11,2 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques (136 chiens) [3]
PoilPoil de couverture épais et rude sur un sous-poil dense, gras et laineux ; du gris clair au noir, zibeline ou rouge, avec le dessous blanc ; le blanc intégral est la seule couleur unie admise [1]

Origine

Le malamute de l’Alaska est l’un des plus anciens chiens de traîneau arctiques. Il est bâti pour la force et l’endurance, afin de tirer de lourdes charges, et non pour la course [1].

Les malamutes faisaient partie des chiens de traîneau utilisés dans l’Arctique pendant la ruée vers l’or en Alaska. Les études ADN suggèrent que, contrairement à l’Alaskan husky, la race a conservé l’essentiel de son ascendance sibérienne ancienne [4].

Les problèmes de santé fréquents

  • Hypothyroïdie : dans les cliniques généralistes britanniques, 1,04 % des malamutes vivaient avec un diagnostic d’hypothyroïdie, et la race avait 9,71 fois plus de risques qu’un croisé, le quatrième risque le plus élevé de toutes les races [6]. Voir l’hypothyroïdie du chien.
  • Dermatose répondant au zinc : une forme familiale touche le malamute de l’Alaska et le husky sibérien, avec rougeurs, perte de poils, squames et croûtes surtout sur la tête. Un apport de zinc à vie est généralement nécessaire dans cette forme [8]. Voir aussi le husky sibérien.
  • Dysplasies de la hanche et du coude : dans le dépistage suédois de 2007 à 2016, 16,9 % des malamutes avaient une dysplasie de la hanche (stades C à E) et 4,7 % une dysplasie du coude [5].
  • Polyneuropathie : une maladie des nerfs précoce et progressive, avec faiblesse, parésie du larynx et fonte musculaire. Les 22 chiens atteints testés portaient tous deux copies d’un variant du gène NDRG1 [10].
  • Cécité diurne (dégénérescence des cônes) : une perte héréditaire du fonctionnement des cônes de la rétine, due chez les chiens issus de malamutes à une délétion du gène CNGB3 [11].
  • Chondrodysplasie avec stomatocytose : un nanisme héréditaire, autosomique récessif, dans lequel les globules rouges sont aussi anormaux [9].

Ce qui est particulier dans les analyses du malamute

Deux points comptent pour lire les résultats d’un malamute : ses valeurs thyroïdiennes, et une anomalie héréditaire rare des globules rouges.

Valeurs thyroïdiennes. Dans une étude de chiens sains de 7 races, dont le malamute de l’Alaska, beaucoup de chiens de race avaient une T4 et une T4 libre au niveau ou au-dessous des limites basses des intervalles de référence généraux, et les malamutes avaient la TSH médiane la plus basse (6,10 mUI/L, soit 0,07 ng/mL). Les auteurs concluent que des intervalles de référence propres à chaque race sont justifiés [7]. Chez un malamute sain, une T4 proche ou au-dessous de la limite basse peut donc être normale [7] ; voir notre guide de l’hypothyroïdie du chien.

Stomatocytose des malamutes nains. Chez les chiens atteints, les globules rouges sont gros (VGM jusqu’à 98 fL) et pâles (CCMH de 26 à 28 g/dL). Le nombre de globules rouges est bas mais, comme les cellules sont plus grosses, l’hématocrite reste dans l’intervalle de référence. Les globules rouges vivent moins longtemps, avec une réticulocytose modérée et des cellules fragiles [9]. Voir la prise de sang du chien et l’anémie chez le chien et le chat.

La dermatose répondant au zinc se diagnostique sur la peau. L’historique, les signes et une biopsie de peau suffisent généralement au diagnostic [8].

Tests ADN. La sélection contre le variant NDRG1 peut servir à éliminer la polyneuropathie de la race [10], et la délétion CNGB3 est à l’origine de la cécité diurne [11].

Pour aller plus loin

In English: Alaskan Malamute.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Si la T4 de mon chien est basse, la TSH et la T4 libre ont-elles été dosées, et sont-elles lues selon les valeurs de la race ?
  2. Les croûtes autour des yeux et du museau de mon chien peuvent-elles venir d’une dermatose répondant au zinc ?
  3. Les hanches et les coudes de mon chien ont-ils été radiographiés et classés ?
  4. Les parents ont-ils été testés pour la polyneuropathie et la cécité diurne ?
  5. Les valeurs des globules rouges de mon chien (VGM, CCMH) sont-elles normales ?
LE RAPPORT COMPLET DE VOTRE ANIMAL

Faites expliquer la prise de sang de votre malamute.

AI DiagAnimals lit le bilan thyroïdien, la numération, le cholestérol et les autres résultats avec les intervalles de votre laboratoire, et les explique simplement. Le service ouvre bientôt : laissez votre adresse e-mail pour être prévenu.

Faire expliquer le bilan de mon chienVoir un exemple de rapport

Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un malamute ?

Une grande étude britannique a trouvé une médiane de 11,3 ans [2], et les dossiers vétérinaires britanniques un âge médian au décès de 11,2 ans [3].

Le malamute est-il sujet à l’hypothyroïdie ?

Oui. Dans les cliniques britanniques, le malamute avait 9,71 fois plus de risques qu’un croisé d’un diagnostic d’hypothyroïdie [6]. Des malamutes sains peuvent aussi avoir des valeurs thyroïdiennes basses, d’où l’intérêt d’intervalles propres à la race [7].

Qu’est-ce que la dermatose répondant au zinc du malamute ?

Une maladie de peau familiale du malamute et du husky sibérien, avec des croûtes et une perte de poils surtout sur la tête, qui demande généralement un apport de zinc à vie [8].

Le malamute a-t-il des problèmes de hanches ?

Dans le dépistage suédois, 16,9 % des malamutes avaient une dysplasie de la hanche et 4,7 % une dysplasie du coude [5].

Quels tests ADN pour un malamute ?

Des tests existent pour le variant NDRG1 de la polyneuropathie [10] et la délétion CNGB3 responsable de la cécité diurne [11].

Sources

  1. FCI. Standard n° 243 : Alaskan Malamute (Malamute de l’Alaska). 2023. fci.be/Nomenclature/Standards/243g05-fr.pdf
  2. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  3. O’Neill DG et al. Giant dog breeds under primary veterinary care in the UK: demography, common disorders and mortality. Companion Anim Health Genet. 2026;13:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-026-00152-7
  4. Brown SK et al. Using multiple markers to elucidate the ancient, historical and modern relationships among North American Arctic dog breeds. Heredity. 2015;115(6):488-495 (en anglais). doi.org/10.1038/hdy.2015.49
  5. Engdahl K et al. Prevalence of hip and elbow dysplasia in young adult dogs in Sweden. Vet Rec. 2026;198(12):e560 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.70224
  6. O’Neill DG et al. Frequency, breed predispositions and other demographic risk factors for diagnosis of hypothyroidism in dogs under primary veterinary care in the UK. Canine Med Genet. 2022;9:11 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-022-00123-8
  7. Hegstad-Davies RL et al. Breed-specific reference intervals for assessing thyroid function in seven dog breeds. J Vet Diagn Invest. 2015;27(6):716-727 (en anglais). doi.org/10.1177/1040638715606953
  8. Colombini S. Canine zinc-responsive dermatosis. Vet Clin North Am Small Anim Pract. 1999;29(6):1373-1383 (en anglais). doi.org/10.1016/s0195-5616(99)50133-2
  9. eClinPath (Université Cornell). Poikilocytosis : stomatocytes et stomatocytose héréditaire (en anglais). eclinpath.com/hematology/morphologic-features/red-blood-cells/poikilocytosis
  10. Bruun CS et al. A Gly98Val mutation in the N-Myc downstream regulated gene 1 (NDRG1) in Alaskan Malamutes with polyneuropathy. PLoS One. 2013;8(2):e54547 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pone.0054547
  11. Sidjanin DJ et al. Canine CNGB3 mutations establish cone degeneration as orthologous to the human achromatopsia locus ACHM3. Hum Mol Genet. 2002;11(16):1823-1833 (en anglais). doi.org/10.1093/hmg/11.16.1823

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.