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MALADIE · CHIEN ET CHAT

Infection urinaire et cystite du chat et du chien : analyse et culture d’urine

Uriner souvent, forcer ou avoir du sang dans les urines sont des motifs de consultation fréquents. Chez le chien, une infection bactérienne de la vessie en est une cause courante. Chez le chat, elle est beaucoup plus rare : la plupart des jeunes chats qui ont ces signes n’ont aucune infection. Les analyses d’urine font la différence.

L’essentiel

L’analyse d’urine recherche des globules blancs, des globules rouges et des bactéries, mais seule la culture d’urine confirme une infection et identifie la bactérie. Le meilleur prélèvement se fait à l’aiguille directement dans la vessie (cystocentèse) ; une urine recueillie au sol ou dans un pot ne doit pas servir à la culture. Des bactéries sans signes ne se traitent en général pas. Chez le chat adulte en bonne santé, l’infection explique moins de 3 % des troubles urinaires : la cystite idiopathique est bien plus fréquente.

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Plusieurs situations, plusieurs significations

  • Cystite bactérienne sporadique : une infection occasionnelle de la vessie chez un animal par ailleurs en bonne santé [1, 2].
  • Cystite récidivante : des infections répétées, par exemple 3 épisodes ou plus en 12 mois selon les recommandations de 2011. Le vétérinaire recherche alors une cause sous-jacente [2].
  • Pyélonéphrite : l’infection a atteint les reins, une situation plus sérieuse [1].
  • Bactériurie subclinique : des bactéries poussent dans l’urine mais l’animal n’a aucun signe. Un traitement n’est en général pas recommandé [2, 3].

Ce que montre l’analyse d’urine

Le culot urinaire est examiné au microscope. Moins de 5 globules blancs par champ à fort grossissement est couramment considéré comme normal, et jusqu’à 5 globules rouges est acceptable ; une ponction de la vessie peut à elle seule ajouter quelques globules rouges [4]. Globules blancs et bactéries ensemble orientent vers une infection, mais le culot seul ne suffit pas à la diagnostiquer [2]. Voir l’analyse d’urine du chien et du chat.

Une ligne de compte rendu, annotée · Exemple illustratif
AbréviationRésultatUnitéIntervalle du laboratoireSignalement
Leucocytes globules blancs du culot urinaire20 – 30/champ< 5H
  1. Abréviation Leucocytes, GB ou WBC dans la partie « culot urinaire » du compte rendu.
  2. Résultat 20 à 30 par champ dans cet exemple : nettement augmentés (pyurie).
  3. Unité Par champ microscopique à fort grossissement. Les résultats sont souvent donnés en fourchette.
  4. Intervalle du laboratoire Moins de 5 par champ est couramment considéré comme normal [4].
  5. Signalement H ou une flèche vers le haut : au-dessus de l’intervalle. Signe une inflammation ; la culture dit si une bactérie en est la cause [2].

La culture d’urine : l’examen qui confirme

  • Prélèvement : la cystocentèse est préférée ; l’urine recueillie en miction ne doit pas servir à la culture [2, 3].
  • Conservation : l’urine est réfrigérée et mise en culture dans les 24 heures [2, 3].
  • Lecture : la culture compte les colonies (UFC/ml). Sur une cystocentèse, une infection donne en général au moins 1 000 UFC/ml ; les seuils sont plus élevés pour les autres prélèvements [2, 3].
  • Antibiogramme : indique quels antibiotiques sont efficaces sur la bactérie trouvée [1].

Chez le chat, penser d’abord à la cystite idiopathique

L’infection bactérienne explique moins de 3 % des troubles urinaires du chat adulte en bonne santé, mais elle est plus fréquente chez le chat âgé ou insuffisant rénal [5]. La cystite idiopathique féline est la cause la plus fréquente ; les signes disparaissent en général en 2 à 7 jours mais récidivent souvent [5]. Dans une étude sur 77 chats européens, 57 % avaient une cystite idiopathique, 22 % des calculs, 10 % des bouchons urétraux et 8 % une infection [6].

Le chat mâle peut faire une obstruction de l’urètre, qui met sa vie en danger : un potassium élevé en est la complication la plus dangereuse [5]. Les efforts dans la litière sont parfois pris à tort pour de la constipation [5]. Voir le potassium et le phosphore du chat.

Pour aller plus loin

In English: urinary tract infections in dogs and cats.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. L’urine a-t-elle été prélevée par cystocentèse ?
  2. Le culot montre-t-il des globules blancs et des bactéries ?
  3. Faut-il une culture d’urine avec antibiogramme ?
  4. Si les infections reviennent, quelle cause rechercher ?
  5. Pour mon chat : s’agit-il plutôt d’une cystite idiopathique ou de calculs ?
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Questions fréquentes

Quels sont les symptômes d’une infection urinaire chez un chat ?

Le chat urine souvent et peu à la fois, force, urine hors de la litière ou a du sang dans les urines. Chez le jeune chat, ces signes viennent le plus souvent d’une cystite idiopathique et non d’une infection [5].

Qu’est-ce que la cystite idiopathique chez le chat ?

Une inflammation de la vessie sans cause identifiée, la cause la plus fréquente de troubles urinaires du chat. Les signes passent en général en 2 à 7 jours mais reviennent souvent [5].

Une infection urinaire peut-elle entraîner la mort d’un chat ?

Une simple cystite rarement, mais un chat mâle qui ne peut plus uriner est en danger de mort, surtout à cause du potassium qui monte : c’est une urgence [5].

Quels sont les symptômes d’une infection urinaire chez une chienne ?

Envies fréquentes, petites quantités, efforts, sang dans les urines, accidents dans la maison ou léchage de la vulve. Une analyse et une culture d’urine le confirment [2].

Pourquoi le vétérinaire prélève-t-il l’urine à l’aiguille ?

Une urine prise directement dans la vessie n’est pas contaminée par les bactéries de la peau : le résultat de la culture est alors fiable [2].

Sources

  1. Weese JS et al. International Society for Companion Animal Infectious Diseases (ISCAID) guidelines for the diagnosis and management of bacterial urinary tract infections in dogs and cats. Vet J. 2019;247:8-25 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2019.02.008
  2. Weese JS et al. Antimicrobial use guidelines for treatment of urinary tract disease in dogs and cats. Vet Med Int. 2011;2011:263768 (en anglais). doi.org/10.4061/2011/263768
  3. Dorsch R et al. Urinary tract infection and subclinical bacteriuria in cats: a clinical update. J Feline Med Surg. 2019;21(11):1023-1038 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X19880435
  4. eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Urinalysis: cellular constituents (en anglais). eclinpath.com/urinalysis/cellular-constituents
  5. Taylor S et al. 2025 iCatCare consensus guidelines on the diagnosis and management of lower urinary tract diseases in cats. J Feline Med Surg. 2025;27(2):1098612X241309176 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X241309176
  6. Gerber B et al. Evaluation of clinical signs and causes of lower urinary tract disease in European cats. J Small Anim Pract. 2005;46(12):571-577 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1748-5827.2005.tb00288.x

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.