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MALADIE · CHAT

MICI du chat : ce que montre la prise de sang et comment elle est diagnostiquée

La maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), aujourd’hui souvent appelée entéropathie chronique, est une inflammation durable de l’intestin. Elle donne des vomissements, de la diarrhée ou un amaigrissement pendant des semaines. Aucune analyse de sang ne la prouve à elle seule : le vétérinaire exclut d’abord les autres causes, puis a souvent besoin de biopsies pour la distinguer d’un lymphome de bas grade.

L’essentiel

On parle d’entéropathie chronique quand les signes digestifs durent au moins 3 semaines et que les autres maladies ont été exclues. L’amaigrissement est le signe le plus fréquent, et beaucoup de chats n’ont pas de diarrhée. La prise de sang vérifie la thyroïde, les reins, le foie et le pancréas, et mesure la vitamine B12 (cobalamine) et les folates. Une B12 basse ou une albumine un peu basse sont fréquentes, mais on les retrouve aussi dans le lymphome de bas grade. Certains chats s’améliorent avec un simple essai alimentaire. D’autres ont besoin de biopsies intestinales, seul moyen de séparer l’inflammation du lymphome.

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Ce qu’est la MICI, et ce qu’elle n’est pas

Les vétérinaires regroupent aujourd’hui ces chats sous le terme d’« entéropathie chronique » : des signes digestifs qui durent au moins 3 semaines, une fois exclues les causes extérieures à l’intestin, les maladies hormonales ou métaboliques et les infections [1]. Sa forme inflammatoire s’appelle entérite lymphoplasmocytaire : un afflux de lymphocytes et de plasmocytes dans la paroi de l’intestin [1].

C’est un diagnostic d’exclusion [3]. Certains chats ont en fait une entéropathie répondant à l’alimentation, qui s’améliore avec un simple changement de nourriture ; les vétérinaires la distinguent des autres formes par un essai alimentaire [1, 5]. Le lymphome digestif de bas grade lui ressemble beaucoup et c’est la principale maladie à exclure : voir le lymphome du chat.

Chez le chat, la diarrhée n’est pas le signe dominant. L’amaigrissement est le plus fréquent et passe souvent inaperçu ; on voit aussi des vomissements, un appétit diminué ou augmenté et de l’abattement [1]. Le chat peut perdre du muscle le long du dos tout en gardant de la graisse sur le ventre [1].

Ce que le vétérinaire exclut d’abord

Cause possibleExamen utiliséÀ savoir
Parasites et infectionsAnalyse de sellesFait partie du bilan de base [1].
HyperthyroïdieT4 totaleRecommandée dans le bilan ; elle peut aussi coexister avec une maladie de l’intestin [1]. Voir l’hyperthyroïdie du chat.
Maladies des reins, du foie et autres maladies métaboliquesNumération, biochimie, analyse d’urineToujours nécessaires avant de parler d’entéropathie chronique [1].
PancréatitefPLI (Spec fPL) et échographieSouvent associée à l’inflammation de l’intestin [1]. Voir la pancréatite du chat.
Insuffisance pancréatique exocrinefTLIÀ vérifier chez le chat qui a des signes digestifs chroniques [1].
FeLV et FIVTest sanguinPour les chats qui sortent ou vivent avec d’autres chats [1].

Ce que montre la prise de sang

  • Vitamine B12 (cobalamine) : absorbée à la fin de l’intestin grêle. Elle était basse chez 18 à 80 % des chats atteints d’entéropathie chronique selon les études [1], et chez 49 chats sur 80 testés pour une maladie digestive suspectée dans une étude plus ancienne [9]. Une B12 normale n’exclut pas une maladie de l’intestin [1].
  • Folates : absorbés au début de l’intestin grêle ; B12 et folates ensemble donnent une idée de la zone atteinte. Des folates bas comme élevés sont décrits, et un prélèvement hémolysé peut les faire monter [1].
  • Albumine : souvent basse, en général modérément ; de 14 à 100 % des chats selon les études [1]. Une perte importante de protéines par l’intestin est extrêmement rare chez le chat [1]. Les protéines totales sont souvent normales, voire élevées, car les globulines augmentent [1]. Voir l’albumine et les globulines.
  • Enzymes du foie (ALAT, PAL) et phosphore : parfois anormaux ; avec les protéines totales, ils entrent dans un score qui mesure l’activité de la maladie [1, 7]. Voir les enzymes hépatiques du chat.
  • Numération : elle peut montrer une anémie par manque de fer [1].

Aucune de ces valeurs ne distingue la MICI du lymphome de bas grade, et il n’existe pas de marqueur sanguin du cancer [1]. Pour lire tout le compte rendu, voir la prise de sang du chat.

Lire la ligne de la vitamine B12

Voici une ligne d’exemple chez un chat qui vomit et maigrit depuis des mois.

Une ligne de compte rendu, annotée · Exemple illustratif
AbréviationRésultatUnitéIntervalle du laboratoireSignalement
COB cobalamine (vitamine B12)160ng/l> 200L
  1. Abréviation COB, B12 ou Cbl selon le laboratoire.
  2. Résultat 160 ng/l dans cet exemple : basse.
  3. Unité ng/l, soit la même chose que pg/ml.
  4. Intervalle du laboratoire Dans une étude de 2021, 200 ng/l était la limite basse de l’intervalle de référence ; en dessous, la B12 était considérée comme basse [2]. Chaque laboratoire fixe sa propre limite.
  5. Signalement L ou une flèche vers le bas : sous l’intervalle. Oriente vers une maladie de l’intestin grêle ou du pancréas. Dans cette étude, elle était basse chez 19 % des chats atteints de MICI et 57 % des chats atteints de lymphome de bas grade [2].

Comment la MICI est confirmée

  • Essai alimentaire : le chat ne mange qu’un aliment à protéines sélectionnées (régime d’éviction) ou hydrolysé. Dans une étude, 16 chats sur 55 (29 %) étaient sensibles à un aliment et 11 autres (20 %) se sont améliorés avec le régime d’éviction [5]. Dans une autre, 15 chats sur 33 ont répondu à un aliment hydrolysé en 6 semaines [6].
  • Échographie : elle examine la paroi de l’intestin, les ganglions et les organes voisins [1]. Elle ne distingue pas la MICI du lymphome et peut être normale malgré une vraie maladie [1].
  • Biopsies intestinales : nécessaires pour caractériser l’inflammation et exclure un lymphome, par endoscopie ou par chirurgie [1, 3]. L’immunohistochimie et le test de clonalité (PARR) aident dans les cas douteux, mais certains cas restent ambigus [1].
  • Des indices, pas des preuves : les chats atteints de lymphome sont en général plus âgés (âge médian 13 ans contre 8) et ont des signes depuis plus longtemps [1].

Triadite : inflammation simultanée de l’intestin, du pancréas et des voies biliaires. Elle a été trouvée chez 8 chats malades sur 27 (30 %) dans une étude [4].

Pronostic et espérance de vie

Le pronostic dépend de la cause. Les chats atteints d’une entéropathie répondant à l’alimentation ont en général un bon pronostic à long terme avec une alimentation adaptée [8]. Chez ceux qui ont besoin de médicaments, la réponse varie : certains rechutent souvent, et quelques-uns ne répondent pas [8]. Le score d’activité baisse quand le traitement fonctionne, ce qui aide à suivre l’évolution [7]. Dans une étude de 100 chats ayant des signes digestifs chroniques et un intestin épaissi, 99 avaient une maladie de l’intestin grêle identifiable : ces signes ne doivent pas être négligés [10].

Pour aller plus loin

In English: IBD in cats.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Les parasites, l’hyperthyroïdie, les maladies des reins et du pancréas ont-ils été exclus ?
  2. La vitamine B12 et les folates sont-ils bas, et faut-il complémenter en B12 ?
  3. L’albumine est-elle basse, et que font les globulines ?
  4. Faut-il commencer par un essai alimentaire, et pendant combien de temps ?
  5. Des biopsies sont-elles nécessaires pour exclure un lymphome de bas grade ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un chat atteint de MICI ?

Elle dépend de la cause. Les chats qui répondent à l’alimentation ont en général un bon pronostic à long terme ; chez les autres, la réponse au traitement varie [8]. Une biopsie permet d’exclure un lymphome, dont le pronostic est différent [1].

Quelle nourriture pour un chat atteint de MICI ?

Le vétérinaire propose souvent un essai avec un aliment à protéines sélectionnées ou hydrolysé, donné seul ; une partie des chats s’améliore avec ce seul changement [1, 5, 6].

Quelles analyses de sang pour une MICI chez le chat ?

Numération, biochimie, T4 totale, vitamine B12 et folates, souvent fPLI et fTLI pour le pancréas, ainsi qu’une analyse d’urine et de selles [1].

La MICI du chat est-elle un lymphome ?

Non, mais le lymphome de bas grade lui ressemble beaucoup à la prise de sang et à l’échographie ; seules les biopsies les distinguent [1, 3].

Qu’est-ce que la triadite du chat ?

Une inflammation simultanée de l’intestin, du pancréas et des voies biliaires ; elle touchait 30 % des chats malades dans une étude [4].

Sources

  1. Marsilio S et al. ACVIM consensus statement guidelines on diagnosing and distinguishing low-grade neoplastic from inflammatory lymphocytic chronic enteropathies in cats. J Vet Intern Med. 2023;37(3):794-816 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16690
  2. Freiche V et al. Clinical, laboratory and ultrasonographic findings differentiating low-grade intestinal T-cell lymphoma from lymphoplasmacytic enteritis in cats. J Vet Intern Med. 2021;35(6):2685-2696 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16272
  3. Jergens AE. Feline idiopathic inflammatory bowel disease: what we know and what remains to be unraveled. J Feline Med Surg. 2012;14(7):445-458 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X12451548
  4. Fragkou FC et al. Prevalence and clinicopathological features of triaditis in a prospective case series of symptomatic and asymptomatic cats. J Vet Intern Med. 2016;30(4):1031-1045 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.14356
  5. Guilford WG et al. Food sensitivity in cats with chronic idiopathic gastrointestinal problems. J Vet Intern Med. 2001;15(1):7-13 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11215916
  6. Kathrani A et al. The effect of a hydrolyzed protein diet on the fecal microbiota in cats with chronic enteropathy. Sci Rep. 2022;12(1):2746 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-022-06576-y
  7. Jergens AE et al. A clinical index for disease activity in cats with chronic enteropathy. J Vet Intern Med. 2010;24(5):1027-1033 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2010.0549.x
  8. Ewald N et al. Chronische Enteropathien bei der Katze – diagnostische und therapeutische Aspekte. Tierarztl Prax Ausg K Kleintiere Heimtiere. 2021;49(5):363-376 (en allemand). doi.org/10.1055/a-1584-9705
  9. Simpson KW et al. Subnormal concentrations of serum cobalamin (vitamin B12) in cats with gastrointestinal disease. J Vet Intern Med. 2001;15(1):26-32 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11215907
  10. Norsworthy GD et al. Diagnosis of chronic small bowel disease in cats: 100 cases (2008-2012). J Am Vet Med Assoc. 2013;243(10):1455-1461 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.243.10.1455

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.