Les signes
- Petites taches rouges ou violettes (pétéchies) sur les gencives, le ventre ou l’intérieur des oreilles, et bleus [1, 2].
- Saignements de nez, sang dans les urines, saignement dans l’œil [1, 2].
- Selles noires et goudronneuses (méléna) : fréquentes, associées à un besoin plus grand de transfusion et à un moins bon pronostic [2].
- Souvent un chien qui semble par ailleurs plutôt en forme [3].
Jusqu’où baissent les plaquettes
L’algorithme de diagnostic de l’ACVIM part d’une numération plaquettaire inférieure à 100 G/l confirmée par l’examen d’un frottis [1]. Dans la thrombopénie immune, elle est souvent bien plus basse : chez 30 chiens, la médiane était de 8 G/l, et 77 % avaient moins de 30 G/l [4]. Le risque de saignement augmente quand les plaquettes baissent : sous 30 G/l, les saignements peuvent être spontanés, et sous 10 G/l le risque est maximal [3].
- Abréviation PLT ou plaquettes.
- Résultat 9 G/l dans cet exemple : très basses.
- Unité G/l, 10⁹/l ou 10³/µl : le même nombre.
- Intervalle du laboratoire Un intervalle du chien donné à titre d’exemple ; chaque laboratoire fixe le sien.
- Signalement L ou une flèche vers le bas : sous l’intervalle. Un frottis confirme le chiffre et recherche des amas avant d’envisager une thrombopénie immune [1].
Écarter une fausse baisse
- Les amas de plaquettes font baisser le chiffre quelle que soit la méthode ; s’ils sont présents, un nouveau prélèvement est fait [1, 5].
- Les grandes plaquettes héréditaires : le cavalier king charles, le norfolk et le cairn terrier, entre autres, peuvent avoir 30 à 150 G/l sans être malades ; certains automates ne comptent pas ces grandes plaquettes, d’où une estimation sur frottis [3].
Rechercher une cause
La thrombopénie immune reste un diagnostic d’exclusion [1]. Le consensus recommande de recueillir l’historique des vaccins, médicaments, toxiques, voyages et de l’exposition aux tiques et aux puces, de faire une numération avec frottis, une biochimie et une analyse d’urine, et de rechercher Ehrlichia, Babesia et Anaplasma par sérologie et PCR ; la leishmaniose est recherchée en zone concernée [1]. Certains médicaments, dont les antibiotiques sulfamides, peuvent la déclencher, et le lymphome comme d’autres cancers ont été mis en cause [1, 3]. La baisse des plaquettes après un vaccin est en général légère [3]. Voir les maladies transmises par les tiques et la piroplasmose.
Pronostic
La mortalité rapportée va de 10 à 30 % [1]. Chez 73 chiens, 84 % sont sortis de l’hôpital ; les selles noires et une urée élevée (souvent due au sang digéré dans l’intestin) étaient associées à une survie plus faible [6]. Les rechutes touchent 9 à 47 % des chiens, d’où des contrôles réguliers des plaquettes [2]. Le chiffre des plaquettes à l’admission ne doit pas servir seul à prédire l’évolution [1].
Pour aller plus loin
In English: ITP in dogs.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Les plaquettes basses ont-elles été confirmées sur un frottis ?
- Des amas ou la race de mon chien peuvent-ils expliquer une fausse baisse ?
- Quelles maladies des tiques, quels médicaments ou autres causes faut-il écarter ?
- Y a-t-il un saignement dans l’intestin, et mon chien est-il anémié ?
- À quel rythme recontrôler les plaquettes ?
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que la thrombopénie auto-immune ?
Une baisse des plaquettes due à leur destruction par le système immunitaire du chien. Elle ne se diagnostique qu’après avoir écarté les autres causes [1].
Est-ce que la thrombopénie est grave ?
Elle peut l’être : sous 30 G/l, des saignements spontanés sont possibles. La mortalité de la thrombopénie immune va de 10 à 30 %, mais la plupart des chiens survivent avec un traitement [1, 3].
Quelles sont les causes courantes de la thrombopénie ?
Infections (notamment les maladies des tiques), destruction immunitaire, consommation lors de troubles de la coagulation, maladie de la moelle osseuse, et fausses baisses dues aux amas de plaquettes [1, 3].
Sources
- LeVine DN et al. ACVIM consensus statement on the diagnosis of immune thrombocytopenia in dogs and cats. J Vet Intern Med. 2024;38(4):1958-1981 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16996
- LeVine DN et al. ACVIM consensus statement on the treatment of immune thrombocytopenia in dogs and cats. J Vet Intern Med. 2024;38(4):1982-2007 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.17079
- eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Platelet numbers (en anglais). eclinpath.com/hemostasis/disorders/platelet-numbers
- Putsche JC, Kohn B. Primary immune-mediated thrombocytopenia in 30 dogs (1997-2003). J Am Anim Hosp Assoc. 2008;44(5):250-257 (en anglais). doi.org/10.5326/0440250
- eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Platelet count (en anglais). eclinpath.com/hematology/tests/platelet-count
- O’Marra SK et al. Treatment and predictors of outcome in dogs with immune-mediated thrombocytopenia. J Am Vet Med Assoc. 2011;238(3):346-352 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.238.3.346
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.