Le bichon frisé en bref
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | France et Belgique (race franco-belge) [1] |
| Groupe | Groupe 9 de la FCI (chiens d’agrément et de compagnie), section 1, bichons et apparentés [1] |
| Poids | Environ 5 kg [1] |
| Taille au garrot | 25 à 29 cm [1] |
| Espérance de vie | Survie médiane de 12,5 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques [2] |
| Robe | Poil abondant, en boucles lâches en tire-bouchon sur un sous-poil doux et dense ; blanc pur [1] |
Origine
Selon le standard FCI, le bichon frisé est arrivé en France depuis l’Italie à la Renaissance. Il ressemblait à un tout petit barbet et fut appelé « barbichon », puis « bichon ». Les peintres des XVIIe et XVIIIe siècles l’ont représenté auprès des rois et des nobles, et il est revenu à la mode sous Napoléon III sous le nom de « Ténériffe » [1].
La race a failli disparaître après les deux guerres mondiales et a été reconstituée par quelques éleveurs français et belges. Le premier chien a été inscrit en Belgique en 1932 et le premier en France en 1934 ; le nom de bichon à poil frisé date de 1978 [1].
Les principaux problèmes de santé
- Syndrome de Cushing : dans des cliniques généralistes britanniques, le bichon avait 6,5 fois plus de risque que les chiens croisés d’hypercorticisme dans les dossiers de 2009 à 2014 [3], et 6,2 fois plus de syndrome de Cushing en 2016, le chiffre le plus élevé de toutes les races [4]. Voir la maladie de Cushing chez le chien.
- Calculs d’oxalate de calcium : le bichon faisait partie des races à risque accru dans une étude cas-témoins américaine portant sur 1 074 chiens atteints [5]. Il avait aussi 1,4 fois plus de risque que les chiens croisés dans un laboratoire californien [6] et 1,7 fois plus que les autres races en Irlande [7]. Voir les calculs urinaires du chien.
- Diabète : dans des cliniques généralistes australiennes, les bichons et leurs croisements avaient 3,4 fois plus de risque de diabète sucré [8]. Voir le diabète du chien.
- Rotules : le bichon avait 3,0 fois plus de risque que les chiens croisés de luxation de la rotule en Angleterre [9]. Dans les dépistages du Kennel Club suédois, 12 % des bichons étaient atteints [10].
- Cataracte : la cataracte semble héréditaire chez le bichon. Dans les données d’un registre oculaire américain, 6 % des 8 222 bichons examinés avaient une cataracte, et les chiens de 2 à 8 ans étaient les plus touchés. Les décollements de rétine avant ou après chirurgie n’étaient pas rares chez les patients d’un hôpital universitaire [11].
Prise de sang, analyses d’urine et dépistages
Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence sanguins publiés propres au bichon frisé. Ses prédispositions se voient en revanche nettement sur les analyses de sang et d’urine.
- Dosages du cortisol : le bichon est la race la plus prédisposée au syndrome de Cushing dans les cliniques généralistes britanniques [4]. Un âge avancé et un poids supérieur à la moyenne de la race augmentaient aussi le risque [3, 4]. Des signes évocateurs ou des anomalies de la prise de sang méritent d’en parler avec le vétérinaire ; voir le test de stimulation à l’ACTH.
- Glycémie : compte tenu du risque accru de diabète dans la race [8], la glycémie et le glucose urinaire méritent une lecture attentive. Voir la glycémie du chien.
- Analyse d’urine et analyse des calculs : les calculs d’oxalate de calcium étaient plus fréquents chez les chiens d’âge moyen, les mâles castrés et les chiens en surpoids dans l’étude cas-témoins américaine [5]. D’autres laboratoires ont aussi signalé un risque accru de calculs de struvite chez le bichon, même si le laboratoire californien n’a pas trouvé de prédisposition de race pour la struvite [6]. La nature d’un calcul se confirme par l’analyse du calcul lui-même [6].
- Dépistage des rotules : l’héritabilité de la luxation de la rotule était de 0,21 chez les bichons suédois, et les auteurs proposent une sélection fondée sur des valeurs génétiques issues des dépistages vétérinaires [10].
Pour aller plus loin
In English: Bichon Frise.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Les signes ou la prise de sang de mon bichon font-ils penser à un syndrome de Cushing, et faut-il doser le cortisol ?
- Faut-il contrôler régulièrement ses urines à la recherche de cristaux, et de quel type sont-ils ?
- Son poids est-il adapté, compte tenu des liens avec les calculs et le syndrome de Cushing ?
- Faut-il vérifier sa glycémie s’il boit ou urine davantage ?
- Ses rotules sont-elles stables, et faut-il examiner ses yeux pour la cataracte ?
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Questions fréquentes
Quelle est l’espérance de vie d’un bichon frisé ?
Dans une grande étude britannique, la survie médiane des bichons frisés était de 12,5 ans, avec un risque de décès un peu plus faible que celui des chiens croisés [2].
Quelles sont les maladies du bichon frisé ?
Le syndrome de Cushing [3, 4], les calculs d’oxalate de calcium [5, 6, 7], le diabète [8], la luxation de la rotule [9, 10] et la cataracte héréditaire [11] sont les mieux documentés.
Le bichon est-il prédisposé à la maladie de Cushing ?
Oui. Dans les cliniques généralistes britanniques, le bichon avait environ 6 fois plus de risque que les chiens croisés de syndrome de Cushing, le chiffre le plus élevé de toutes les races dans une étude de 2016 [3, 4].
Pourquoi le bichon fait-il des calculs urinaires ?
Le bichon fait partie des petites races plus exposées aux calculs d’oxalate de calcium ; l’âge, la castration chez le mâle et le surpoids augmentaient aussi le risque dans une étude américaine [5, 6].
Quels examens faire à un bichon frisé ?
Ses principales prédispositions se lisent sur les analyses de sang et d’urine : syndrome de Cushing [4], diabète [8] et calculs d’oxalate de calcium [6]. La luxation de la rotule fait l’objet d’un dépistage par examen en Suède [10], et la cataracte se repère à l’examen des yeux [11].
Sources
- Fédération Cynologique Internationale. Standard FCI N° 215 : Bichon à poil frisé. 2016. fci.be/Nomenclature/Standards/215g09-fr.pdf
- McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
- O’Neill DG et al. Epidemiology of hyperadrenocorticism among 210,824 dogs attending primary-care veterinary practices in the UK from 2009 to 2014. J Small Anim Pract. 2016;57(7):365-373 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.12523
- Schofield I et al. Frequency and risk factors for naturally occurring Cushing’s syndrome in dogs attending UK primary-care practices. J Small Anim Pract. 2022;63(4):265-274 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.13450
- Lekcharoensuk C et al. Patient and environmental factors associated with calcium oxalate urolithiasis in dogs. J Am Vet Med Assoc. 2000;217(4):515-519 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.2000.217.515
- Kopecny L et al. Urolithiasis in dogs: evaluation of trends in urolith composition and risk factors (2006-2018). J Vet Intern Med. 2021;35(3):1406-1415 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.16114
- Stavroulaki EM et al. Trends in urolith composition and factors associated with different urolith types in dogs from the Republic of Ireland and Northern Ireland between 2010 and 2020. J Small Anim Pract. 2024;65(1):30-38 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.13676
- Yoon S et al. Epidemiological study of dogs with diabetes mellitus attending primary care veterinary clinics in Australia. Vet Rec. 2020;187(3):e22 (en anglais). doi.org/10.1136/vr.105467
- O’Neill DG et al. The epidemiology of patellar luxation in dogs attending primary-care veterinary practices in England. Canine Genet Epidemiol. 2016;3:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-016-0034-0
- Nilsson K et al. Heritability of patellar luxation in the Chihuahua and Bichon Frise breeds of dogs and effectiveness of a Swedish screening programme. Vet J. 2018;234:136-141 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2018.01.010
- Gelatt KN et al. Cataracts in the Bichon Frise. Vet Ophthalmol. 2003;6(1):3-9 (en anglais). doi.org/10.1046/j.1463-5224.2003.00258.x
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.
