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RACE · CHIEN

Cavalier King Charles : santé, maladies et ce que montrent les analyses

Le cavalier king charles est un petit épagneul à l’air doux, avec une préoccupation de santé dominante : la maladie de la valve mitrale, la maladie cardiaque la plus fréquente du chien. Il a aussi une particularité de laboratoire que tout propriétaire devrait connaître : beaucoup de cavaliers en bonne santé ont de grosses plaquettes et une numération plaquettaire basse à l’automate, sans aucun problème de saignement.

Un cavalier king charles blenheim (blanc et marron) debout de profil lors d’une exposition canine.
Photo : Andreweatock · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Dans les cliniques britanniques, le cavalier avait un risque 47 fois plus élevé que les chiens croisés de recevoir un diagnostic de maladie dégénérative de la valve mitrale, et le souffle cardiaque était le problème le plus noté dans la race (31 %). Chez les cavaliers de 8 ans ou plus, tous avaient des signes de la maladie à l’échographie cardiaque. Environ la moitié des cavaliers reproducteurs dépistés par IRM avaient une syringomyélie dans une étude. Une macrothrombocytopénie héréditaire, liée à une variante du gène de la β1-tubuline, donne à beaucoup de cavaliers en bonne santé des plaquettes moins nombreuses mais plus grosses : une numération basse ne suffit pas à conclure à une maladie.

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Le cavalier king charles en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineGrande-Bretagne [1]
GroupeGroupe 9 de la FCI (chiens d’agrément et de compagnie), section 7, épagneuls nains anglais [1]
Poids5,4 à 8 kg [1]
Taille au garrot30 à 33 cm [2]
Espérance de vie10,5 ans à la naissance dans une table de mortalité britannique [4]
RobePoil long et soyeux, sans boucles, jamais toiletté ; noir et feu, rubis, blenheim ou tricolore [1]

Origine

Les épagneuls nains étaient des compagnons courants à la cour d’Angleterre ; sous les Stuart, ils prirent le nom d’épagneuls King Charles, et le roi Charles II était rarement vu sans plusieurs d’entre eux à ses pieds. L’élevage pour les expositions donna ensuite le King Charles à face plate [3].

Plus tard, un Américain, Roswell Eldridge, offrit des prix à Crufts pour des épagneuls au nez plus long, comme sur les tableaux anciens. Un club de race fut fondé et le nom de Cavalier King Charles Spaniel choisi en 1928, et le Kennel Club britannique reconnut la race séparément en 1945 [3].

Les principaux problèmes de santé

  • Maladie de la valve mitrale : dans une étude de 1 749 cavaliers suivis en clinique au Royaume-Uni, le souffle cardiaque était le trouble le plus fréquent (30,9 %), et les problèmes cardiaques touchaient 31,7 % des chiens [5]. Le cavalier avait un risque 47 fois plus élevé que les chiens croisés de recevoir un diagnostic de maladie dégénérative de la valve mitrale [6]. Voir l’insuffisance cardiaque du chien.
  • Âge d’apparition : chez 8 860 cavaliers examinés dans le programme cardiaque britannique de la race, l’âge médian d’apparition d’un souffle était de 7,8 ans chez les mâles et de 8,3 ans chez les femelles [7].
  • Cavaliers âgés : sur 126 cavaliers de 8 ans ou plus, 89 % avaient un souffle et tous avaient des signes de maladie mitrale à l’échographie, mais 44 % n’avaient pas de dilatation du cœur [8].
  • Syringomyélie : des cavités remplies de liquide dans la moelle épinière ont été trouvées chez 50,5 % de 386 cavaliers reproducteurs sans signes, dépistés par IRM, et la proportion augmentait avec l’âge [9].
  • Autres problèmes fréquents : diarrhée (11,0 %), maladie dentaire (9,5 %), otite (9,2 %) et conjonctivite (7,4 %) [5].

Prise de sang et dépistages du cavalier

Le cavalier fait partie des races où un résultat d’apparence anormale peut être mal interprété. La macrothrombocytopénie héréditaire se traduit par des plaquettes moins nombreuses mais plus grosses, sans tendance aux saignements.

  • Plaquettes basses sans maladie : chez 105 cavaliers en bonne santé issus de 16 familles, comptés à la main, 46 % des parents avaient 100 000 plaquettes/µl ou moins. Le caractère se transmet sur un mode autosomique récessif [10].
  • Les automates comptent mal les grosses plaquettes : c’est pourquoi l’étude a compté les plaquettes à la main [10]. Des plaquettes basses à l’automate ne suffisent donc pas, à elles seules, à diagnostiquer un problème plaquettaire chez un cavalier [10, 11].
  • Thrombocrite : la masse plaquettaire totale (thrombocrite), mesurée par certains automates, évitait de surestimer une masse plaquettaire basse chez des cavaliers malades [11].
  • Test ADN : une variante du gène de la β1-tubuline est associée à la macrothrombocytopénie, ce qui aide à distinguer la forme héréditaire des causes acquises comme la thrombopénie immune [12].
  • Dépistage cardiaque : des règles d’élevage fondées sur l’auscultation d’un souffle n’étaient associées à une apparition plus tardive des souffles que dans certains groupes, et les éleveurs suivaient peu ce programme volontaire britannique [7].

Voir aussi la prise de sang du chien pour la lecture des plaquettes.

Pour aller plus loin

In English: Cavalier King Charles Spaniel.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Entendez-vous un souffle au cœur, et mon cavalier doit-il passer une échographie cardiaque ?
  2. Les plaquettes basses de son bilan ont-elles été vérifiées sur un frottis sanguin ?
  3. Faut-il faire le test de la β1-tubuline pour bien lire ses numérations à l’avenir ?
  4. Quels signes pourraient évoquer une syringomyélie, et une IRM est-elle utile ?
  5. À quel rythme contrôler son cœur en vieillissant ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un cavalier king charles ?

Une table de mortalité britannique donnait au cavalier une espérance de vie à la naissance de 10,5 ans, un peu sous les 11,2 ans de l’ensemble des chiens [4].

Tous les cavaliers ont-ils une maladie du cœur ?

La maladie de la valve mitrale est très fréquente : dans un groupe de 126 cavaliers de 8 ans ou plus, tous en avaient des signes à l’échographie, mais 44 % n’avaient pas de dilatation du cœur [8].

Pourquoi les plaquettes de mon cavalier sont-elles basses ?

Beaucoup de cavaliers en bonne santé ont une macrothrombocytopénie héréditaire : des plaquettes moins nombreuses et plus grosses, que les automates comptent mal. Dans une étude, 46 % des cavaliers reproducteurs en bonne santé avaient 100 000 plaquettes/µl ou moins [10].

Existe-t-il un test ADN pour les plaquettes du cavalier ?

Oui. Une variante du gène de la β1-tubuline est associée aux grosses plaquettes héréditaires [12].

Quelles sont les maladies du cavalier king charles ?

Les souffles et les maladies du cœur arrivent en tête, suivis par la diarrhée, la maladie dentaire, les otites et les conjonctivites [5]. La syringomyélie est aussi fréquente à l’IRM [9].

Sources

  1. Fédération Cynologique Internationale. Standard FCI N° 136 : Cavalier King Charles Spaniel. 2026 (en anglais). fci.be/Nomenclature/Standards/136g09-en.pdf
  2. American Kennel Club. Cavalier King Charles Spaniel: breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/cavalier-king-charles-spaniel
  3. The Cavalier King Charles Spaniel Club (Royaume-Uni). History of the breed (en anglais). thecavalierclub.co.uk/breed/history.html
  4. Teng KT et al. Life tables of annual life expectancy and mortality for companion dogs in the United Kingdom. Sci Rep. 2022;12(1):6415 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-022-10341-6
  5. Summers JF et al. Prevalence of disorders recorded in Cavalier King Charles Spaniels attending primary-care veterinary practices in England. Canine Genet Epidemiol. 2015;2:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-015-0016-7
  6. Mattin MJ et al. Prevalence of and risk factors for degenerative mitral valve disease in dogs attending primary-care veterinary practices in England. J Vet Intern Med. 2015;29(3):847-854 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.12591
  7. Swift S et al. Degenerative valvular disease in the Cavalier King Charles Spaniel: results of the UK breed scheme 1991-2010. J Vet Intern Med. 2017;31(1):9-14 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.14619
  8. Prieto Ramos J et al. Clinical and echocardiographic findings in an aged population of Cavalier King Charles Spaniels. Animals (Basel). 2021;11(4):949 (en anglais). doi.org/10.3390/ani11040949
  9. McLeay L, Child G. Syringomyelia in Australian Cavalier King Charles spaniels: prevalence and changes over 16 years of magnetic resonance imaging screening. Aust Vet J. 2026;104(1-2):50-56 (en anglais). doi.org/10.1111/avj.70013
  10. Pedersen HD et al. Idiopathic asymptomatic thrombocytopenia in Cavalier King Charles Spaniels is an autosomal recessive trait. J Vet Intern Med. 2002;16(2):169-173 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11899033
  11. Kelley J et al. Platelet count and plateletcrit in Cavalier King Charles Spaniels and Greyhounds using the Advia 120 and 2120. Vet Clin Pathol. 2014;43(1):43-49 (en anglais). doi.org/10.1111/vcp.12116
  12. Davis B et al. Mutation in beta1-tubulin correlates with macrothrombocytopenia in Cavalier King Charles Spaniels. J Vet Intern Med. 2008;22(3):540-545 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2008.0085.x

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.