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RACE · CHIEN

Saint-bernard : santé et ce que montrent les analyses

Le saint-bernard est la plus lourde des races géantes vues dans les cliniques britanniques, et son espérance de vie est courte. Les études pointent les tumeurs osseuses, les dysplasies de la hanche et du coude, la cardiomyopathie dilatée, la dilatation-torsion de l’estomac et les paupières, ainsi qu’une maladie héréditaire des nerfs qui a un test ADN.

Un saint-bernard à poil long rouge et blanc debout sur une pelouse, vu de profil
Photo : Blanky · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Une grande étude britannique situe la durée de vie médiane du saint-bernard à 9,3 ans, et dans les dossiers vétérinaires britanniques l’âge médian au décès n’était que de 6,76 ans. Les tumeurs osseuses étaient les deuxièmes plus fréquentes de toutes les races chez les chiens assurés suédois. Dans le dépistage suédois, 51,7 % des saint-bernards à poil long avaient une dysplasie de la hanche et 27,7 % une dysplasie du coude. La race est surreprésentée dans la cardiomyopathie dilatée, fait partie des grandes races exposées à la dilatation-torsion de l’estomac et a le deuxième taux d’ectropion le plus élevé. Une polyneuropathie héréditaire a un test ADN.

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Le saint-bernard en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineSuisse [1]
GroupeGroupe 2 de la FCI, section 2.2 (molossoïdes de type montagne) [1]
PoidsPoids adulte médian de 65,1 kg (59,7 kg chez les femelles, 70,0 kg chez les mâles) dans les cliniques britanniques, la plus lourde des races géantes [3]
TailleMâles 70 à 90 cm, femelles 65 à 80 cm [1]
Espérance de vieMédiane de 9,3 ans dans une grande étude britannique [2] ; âge médian au décès de 6,76 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques (64 chiens) [3]
PoilVariété à poil court ou à poil long, toutes deux avec un sous-poil abondant ; blanc avec des plaques rouges jusqu’à un manteau rouge continu [1]

Origine

Des moines ont fondé au XIe siècle un hospice au sommet du col du Grand-Saint-Bernard, à 2 469 m d’altitude. De grands chiens de type montagne y sont gardés depuis le milieu du XVIIe siècle pour la garde, puis pour retrouver les voyageurs égarés dans la neige et le brouillard ; le légendaire « Barry » devint le prototype du chien de sauvetage [1].

Le premier chien inscrit au livre des origines suisse, ouvert en 1884, fut un saint-bernard. La race a été reconnue comme suisse en 1887 et elle est considérée comme le chien national suisse [1].

Les problèmes de santé fréquents

  • Vie courte : chez les chiens assurés suédois, 52 % des saint-bernards étaient morts à 8 ans et 74 % à 10 ans [4].
  • Tumeurs osseuses : chez les chiens assurés suédois de moins de 10 ans, les saint-bernards avaient 78 cas pour 10 000 années-chiens, le deuxième taux le plus élevé après le lévrier irlandais [5].
  • Dysplasies de la hanche et du coude : dans le dépistage suédois de 2007 à 2016, 51,7 % des saint-bernards à poil long avaient une dysplasie de la hanche (stades C à E) et 27,7 % une dysplasie du coude [6].
  • Cardiomyopathie dilatée : les saint-bernards étaient surreprésentés parmi 189 chiens en insuffisance cardiaque due à cette maladie du muscle cardiaque [8]. Voir l’insuffisance cardiaque du chien.
  • Dilatation-torsion de l’estomac : la race faisait partie des 11 grandes et très grandes races suivies dans une étude américaine, où les races géantes avaient 26 cas pour 1 000 années-chiens et où 28,6 % des chiens atteints sont morts [9].
  • Ectropion : la paupière inférieure s’éverse. Sa prévalence annuelle était de 1,72 % chez les saint-bernards des cliniques britanniques, la deuxième plus élevée de toutes les races [7].
  • Maladies des nerfs : les saint-bernards avaient 3,5 à 5 fois plus de risques que les races de référence de mourir d’une cause neurologique chez les chiens assurés suédois [4]. Une polyneuropathie juvénile sévère est liée à une délétion du gène ARHGEF10 [10].

Ce qui est particulier dans les analyses du saint-bernard

Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres au saint-bernard. Quelques points restent utiles pour lire ses résultats.

Maladie d’Addison. Dans un hôpital vétérinaire universitaire canadien, les saint-bernards avaient un taux de maladie d’Addison plus élevé (1,72 %) que l’ensemble des chiens de l’hôpital (0,38 %) [11]. Voir la maladie d’Addison chez le chien et le test de stimulation à l’ACTH.

Maladie cardiaque et biochimie courante. Chez les chiens de toutes races en insuffisance cardiaque due à une cardiomyopathie dilatée, une hyperglycémie légère était présente dans 38 % des cas et une hypercholestérolémie légère à modérée dans 33 % [8].

Test ADN. L’homozygotie pour la délétion ARHGEF10 était fortement associée à la polyneuropathie juvénile sévère chez le saint-bernard, et le génotypage est proposé par des laboratoires universitaires [10].

Programmes de dépistage. La radiographie des hanches et des coudes [6] et l’examen des yeux pour les paupières [7] couvrent une partie des problèmes les mieux documentés de la race.

Pour aller plus loin

In English: Saint Bernard.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Les hanches et les coudes de mon chien ont-ils été radiographiés et classés ?
  2. Le cœur de mon chien doit-il être contrôlé par une échographie ?
  3. Quels signes de dilatation-torsion de l’estomac doivent me faire venir tout de suite ?
  4. Mon chien a-t-il été testé pour la polyneuropathie liée au gène ARHGEF10 ?
  5. Une boiterie chez mon chien âgé justifie-t-elle une radiographie pour écarter une tumeur osseuse ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un saint-bernard ?

Une grande étude britannique a trouvé une médiane de 9,3 ans [2]. Dans les dossiers vétérinaires britanniques des races géantes, les saint-bernards mouraient à un âge médian de 6,76 ans [3].

De quoi meurent le plus souvent les saint-bernards ?

Chez les chiens assurés suédois, le saint-bernard avait l’un des taux de tumeurs osseuses les plus élevés [5] et 3,5 à 5 fois plus de risques de mourir d’une cause neurologique [4].

Le saint-bernard a-t-il des problèmes de hanches ?

Oui. Dans le dépistage suédois, 51,7 % des saint-bernards à poil long avaient une dysplasie de la hanche et 27,7 % une dysplasie du coude [6].

Le saint-bernard est-il sujet aux maladies cardiaques ?

Les saint-bernards étaient surreprésentés parmi les chiens atteints de cardiomyopathie dilatée dans une étude de 189 cas [8].

Quels dépistages pour un saint-bernard ?

La radiographie des hanches et des coudes [6], l’examen des yeux [7] et le test ADN de la polyneuropathie ARHGEF10 [10] couvrent les problèmes les mieux documentés.

Sources

  1. FCI. Standard n° 61 : St. Bernhardshund, Bernhardiner (Chien du Mont Saint-Bernard). 2016. fci.be/Nomenclature/Standards/061g02-fr.pdf
  2. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  3. O’Neill DG et al. Giant dog breeds under primary veterinary care in the UK: demography, common disorders and mortality. Companion Anim Health Genet. 2026;13:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-026-00152-7
  4. Egenvall A et al. Mortality in over 350,000 insured Swedish dogs from 1995-2000: II. Breed-specific age and survival patterns and relative risk for causes of death. Acta Vet Scand. 2005;46(3):121-136 (en anglais). doi.org/10.1186/1751-0147-46-121
  5. Egenvall A et al. Bone tumors in a population of 400 000 insured Swedish dogs up to 10 y of age: incidence and survival. Can J Vet Res. 2007;71(4):292-299 (en anglais, résumé en français). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17955904
  6. Engdahl K et al. Prevalence of hip and elbow dysplasia in young adult dogs in Sweden. Vet Rec. 2026;198(12):e560 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.70224
  7. O’Neill DG et al. Conformational eyelid disorders in dogs under primary veterinary care in the UK: epidemiology and clinical management. PLoS One. 2025;20(6):e0326526 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pone.0326526
  8. Tidholm A, Jönsson L. A retrospective study of canine dilated cardiomyopathy (189 cases). J Am Anim Hosp Assoc. 1997;33(6):544-550 (en anglais). doi.org/10.5326/15473317-33-6-544
  9. Glickman LT et al. Incidence of and breed-related risk factors for gastric dilatation-volvulus in dogs. J Am Vet Med Assoc. 2000;216(1):40-45 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.2000.216.40
  10. Ekenstedt KJ et al. An ARHGEF10 deletion is highly associated with a juvenile-onset inherited polyneuropathy in Leonberger and Saint Bernard dogs. PLoS Genet. 2014;10(10):e1004635 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pgen.1004635
  11. Decôme M, Blais MC. Prévalence et caractéristiques cliniques de l’hypoadrénocorticisme chez les Montagnes des Pyrénées au sein d’une population référée : 11 cas. Can Vet J. 2017;58(10):1093-1099 (article en anglais, résumé en français). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28966360

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.