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RACE · CHIEN

Samoyède : santé et ce que montrent les analyses

Le samoyède est un spitz arctique blanc élevé par les peuples samoyèdes du nord de la Russie et de Sibérie. Il vit en général longtemps, mais c’est l’une des races les plus touchées par le diabète, et une lignée de samoyèdes a donné son nom à une maladie rénale héréditaire. Des maladies des yeux, du glaucome à l’atrophie de la rétine, complètent le tableau.

Un samoyède blanc debout sur l’herbe, vu de profil, la tête tournée vers l’objectif
Photo : Dllu · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

La durée de vie médiane du samoyède était de 13,1 ans dans une grande étude britannique. Aux États-Unis, en Suède et en Norvège, il faisait partie des races les plus exposées au diabète ; dans les données de laboratoire norvégiennes, son risque était 3,2 à 4,5 fois celui des autres chiens. Une maladie rénale héréditaire liée à l’X, décrite dans une famille de samoyèdes, fait apparaître des protéines dans l’urine en quelques mois et une insuffisance rénale chez les mâles atteints. Le glaucome, une maladie héréditaire des yeux et du squelette et une forme d’atrophie progressive de la rétine sont aussi connus dans la race.

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Le samoyède en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineRussie septentrionale et Sibérie [1]
GroupeGroupe 5 de la FCI, section 1 (chiens nordiques de traîneau) [1]
PoidsMâles 20 à 29 kg, femelles 16 à 23 kg [2]
TailleIdéale de 57 cm chez le mâle et 53 cm chez la femelle, avec une tolérance de 3 cm [1]
Espérance de vieMédiane de 13,1 ans dans une étude britannique de 2024 portant sur plus de 580 000 chiens [3]
PoilFourrure polaire double et épaisse ; blanc pur, crème ou blanc et biscuit [1]

Origine

La race tient son nom des peuples samoyèdes de la Russie septentrionale et de la Sibérie. Au nord, leurs chiens étaient d’un blanc pur et servaient à la chasse et au traîneau ; ils vivaient près de leurs maîtres et dormaient même dans les abris, où ils servaient de source de chaleur [1].

Le zoologiste britannique Ernest Kilburn Scott passa trois mois chez les Samoyèdes en 1889 et ramena un chiot en Angleterre, puis quelques autres chiens. Ces chiens et ceux ramenés par les explorateurs polaires sont à l’origine du samoyède occidental, et le premier standard fut rédigé en Angleterre en 1909 [1].

Les problèmes de santé fréquents

  • Diabète sucré : le samoyède était à haut risque dans une étude d’un hôpital de référence américain [4], parmi les quatre races à l’incidence la plus élevée chez 180 000 chiens assurés en Suède [5], et parmi les races les plus exposées en Norvège, où 70 % des samoyèdes diabétiques étaient des femelles, à un âge moyen de 9,1 ans [6]. Voir le diabète du chien.
  • Maladie rénale héréditaire : la glomérulopathie héréditaire du samoyède est une maladie liée à l’X décrite dans une famille de samoyèdes : 60 % des mâles développaient une atteinte rénale sévère et une insuffisance rénale avant 15 mois, tandis que les femelles porteuses avaient une forme plus légère [7]. C’est un modèle de la néphrite héréditaire humaine [7]. Voir l’insuffisance rénale du chien.
  • Glaucome et angle de drainage : chez 203 samoyèdes suédois, environ 25 % des yeux avaient une dysplasie du ligament pectiné et 6 chiens avaient un glaucome avec un angle de drainage complètement fermé [8].
  • Dysplasie oculo-squelettique : une maladie autosomique récessive associant nanisme à pattes courtes et graves anomalies des yeux. Chez le samoyède, elle est liée à une délétion du gène COL9A2 [9].
  • Atrophie progressive de la rétine : une forme liée à l’X (XLPRA1), due à une mutation du gène RPGR, existe chez le samoyède et le husky sibérien [10].

Ce qui est particulier dans les analyses du samoyède

Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres au samoyède. Les prédispositions de la race se voient toutefois sur les analyses de sang et d’urine courantes.

Glycémie et fructosamine. L’étude norvégienne a repéré les chiens diabétiques à partir des échantillons de laboratoire dont la fructosamine dépassait 315 µmol/L. Le risque de diabète du samoyède était 4,5 fois celui de l’ensemble des chiens testés et 3,2 fois celui des chiens inscrits au livre des origines [6]. Notre guide de la glycémie du chien explique comment lire le glucose.

D’abord les protéines urinaires, puis la créatinine. Dans la famille de samoyèdes atteints de glomérulopathie héréditaire, les mâles atteints avaient des protéines dans l’urine dès 2 à 3 mois et une filtration rénale en baisse dès 3 mois. À partir de 4 à 5 mois, l’albumine sanguine baissait tandis que l’urée, la créatinine, le phosphore et l’amylase augmentaient. Les femelles porteuses avaient aussi une protéinurie, mais pas d’insuffisance rénale [11].

Des éosinophiles inhabituels. Dans une famille de samoyèdes, un mâle et ses cinq descendants avaient une hausse marquée et persistante des éosinophiles, avec des éosinophiles immatures, après exclusion des causes acquises comme les allergies ou les parasites. Certains de ces chiens avaient aussi des anomalies des yeux et du squelette [12].

Dépistage oculaire. La gonioscopie évalue l’angle de drainage, et les yeux à angle fermé avaient une pression plus élevée [8].

Pour aller plus loin

In English: Samoyed.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Faut-il contrôler la glycémie ou la fructosamine de mon samoyède lors de sa visite annuelle ?
  2. Quels signes de diabète, comme le fait de boire davantage, doivent me faire appeler ?
  3. Une analyse d’urine avec dosage des protéines doit-elle faire partie de ses bilans ?
  4. Mon chien a-t-il eu une gonioscopie, et faut-il la refaire ?
  5. Les parents ont-ils été testés pour les maladies héréditaires des yeux connues dans la race ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un samoyède ?

Une étude britannique de 2024 portant sur plus de 580 000 chiens a trouvé une durée de vie médiane de 13,1 ans [3].

Le samoyède est-il sujet au diabète ?

Oui. La race était à haut risque aux États-Unis [4], en Suède [5] et en Norvège, où son risque était 3,2 à 4,5 fois celui des autres chiens [6].

Quelle maladie rénale touche le samoyède ?

La glomérulopathie héréditaire du samoyède, une maladie liée à l’X décrite dans une famille de samoyèdes. Les mâles atteints perdent des protéines dans l’urine en quelques mois et développent une insuffisance rénale avant 15 mois [7, 11].

Quels problèmes d’yeux a le samoyède ?

La dysplasie du ligament pectiné et le glaucome [8], la dysplasie oculo-squelettique [9] et une atrophie progressive de la rétine liée à l’X [10].

Quels examens pour un samoyède ?

La glycémie ou la fructosamine en cas de suspicion de diabète [6], le dosage des protéines urinaires [11] et l’examen des yeux avec gonioscopie [8] couvrent les problèmes les mieux documentés.

Sources

  1. FCI. Standard n° 212 : Samoiedskaïa Sabaka (Samoyède). 2019. fci.be/Nomenclature/Standards/212g05-fr.pdf
  2. American Kennel Club. Samoyed: dog breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/samoyed
  3. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  4. Hess RS et al. Breed distribution of dogs with diabetes mellitus admitted to a tertiary care facility. J Am Vet Med Assoc. 2000;216(9):1414-1417 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.2000.216.1414
  5. Fall T et al. Diabetes mellitus in a population of 180,000 insured dogs: incidence, survival, and breed distribution. J Vet Intern Med. 2007;21(6):1209-1216 (en anglais). doi.org/10.1892/07-021.1
  6. Ringstad NK et al. Breed distributions for diabetes mellitus and hypothyroidism in Norwegian dogs. Canine Med Genet. 2022;9:9 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-022-00121-w
  7. Jansen B et al. Mode of inheritance of Samoyed hereditary glomerulopathy: an animal model for hereditary nephritis in humans. J Lab Clin Med. 1986;107(6):551-555 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3711721
  8. Ekesten B, Narfström K. Correlation of morphologic features of the iridocorneal angle to intraocular pressure in Samoyeds. Am J Vet Res. 1991;52(11):1875-1878 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1785731
  9. Goldstein O et al. COL9A2 and COL9A3 mutations in canine autosomal recessive oculoskeletal dysplasia. Mamm Genome. 2010;21(7-8):398-408 (en anglais). doi.org/10.1007/s00335-010-9276-4
  10. Zangerl B et al. Independent origin and restricted distribution of RPGR deletions causing XLPRA. J Hered. 2007;98(5):526-530 (en anglais). doi.org/10.1093/jhered/esm060
  11. Jansen B et al. Samoyed hereditary glomerulopathy: serial, clinical and laboratory (urine, serum biochemistry and hematology) studies. Can J Vet Res. 1987;51(3):387-393 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3651895
  12. Aroch I et al. Haematological, ocular and skeletal abnormalities in a samoyed family. J Small Anim Pract. 1996;37(7):333-339 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1748-5827.1996.tb02403.x

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.