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RACE · CHIEN

Akita inu : santé et ce que montrent les analyses

L’akita inu est le grand chien de type spitz du nord du Japon. Beaucoup d’akitas ont des globules rouges riches en potassium, ce qui peut faire paraître dangereusement élevé le potassium d’un chien en bonne santé, et les akitas sains ont souvent des plaquettes basses sur les automates. La race est aussi prédisposée à l’hypothyroïdie, à la torsion d’estomac et à deux maladies immunitaires de la peau et des yeux.

Un akita inu fauve rouge aux marques blanches urajiro debout dans l’herbe lors d’une exposition
Photo : Canarian · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Certains akitas ont des globules rouges très riches en potassium. Quand l’échantillon est hémolysé ou que le sérum reste au contact des cellules, le potassium en sort et le résultat paraît élevé chez un chien sain (pseudo-hyperkaliémie). Les akitas sains ont aussi souvent moins de 150 × 10⁹ plaquettes/L sur les automates, ce qui peut faire croire à tort à une thrombopénie immune. L’akita inu a 4,7 fois plus de risque d’hypothyroïdie que les croisés, les akitas avaient 84 fois plus de risque de torsion d’estomac dans les cliniques d’urgence britanniques, et la plupart des chiens d’une série de cas de syndrome uvéodermatologique étaient des akitas.

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L’akita inu en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineJapon [1]
GroupeGroupe 5 de la FCI, section 5 (spitz asiatiques et races apparentées) [1]. L’akita américain est une race FCI distincte, dans la même section [2]
PoidsPoids adulte médian de 40,1 kg chez les chiens enregistrés comme akitas dans les cliniques britanniques : 37,6 kg chez les femelles, 42,7 kg chez les mâles [3]
TailleMâles 67 cm, femelles 61 cm, avec une tolérance de 3 cm en plus ou en moins [1]
Espérance de vieÂge médian au décès de 11,3 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques [3] ; médiane de 11,4 ans dans une grande étude britannique qui regroupait akitas japonais et américains [4]
PoilPoil de couverture dur et droit sur un sous-poil doux et dense ; fauve rouge, sésame, bringé ou blanc, avec les marques blanchâtres « urajiro » sauf chez les blancs [1]

Origine

À partir de 1603, des chiens de chasse à l’ours de taille moyenne, les akitas matagi, servaient de chiens de combat dans la région d’Akita, au Japon. À partir de 1868, ils furent croisés avec des tosas et des mâtins, ce qui augmenta leur taille. Les combats de chiens furent interdits en 1908, la race fut conservée comme grande race japonaise, et neuf chiens furent classés « monuments naturels » en 1931. Après la Seconde Guerre mondiale, les éleveurs revinrent aux akitas matagi pour restaurer le type d’origine [1].

Des akitas de la lignée Dewa, marqués par l’influence du mâtin et du berger allemand, furent emmenés aux États-Unis par des militaires après la guerre. Ils ont donné l’akita américain, reconnu par la FCI comme une race distincte [2]. Cette page porte sur l’akita japonais ; certaines études citées ne séparent pas les deux.

Les problèmes de santé fréquents

  • Hypothyroïdie : 0,76 % des akitas inu des cliniques britanniques étaient suivis pour une hypothyroïdie, avec une probabilité 4,69 fois plus élevée que chez les croisés [5]. Voir l’hypothyroïdie du chien.
  • Dilatation-torsion de l’estomac (SDTE) : dans les cliniques d’urgence britanniques, les akitas avaient 84,4 fois plus de risque que les croisés d’un diagnostic de SDTE, juste derrière le dogue allemand [6]. Voir notre page dogue allemand.
  • Syndrome uvéodermatologique (proche du syndrome de Vogt-Koyanagi-Harada) : une attaque immunitaire des cellules pigmentées de l’œil et de la peau. Dans une étude de 50 chiens atteints, 37 étaient des akitas. À la première consultation, 57 % étaient aveugles des deux yeux et 36 % avaient un glaucome, mais 78 % des chiens qui voyaient ou avaient retrouvé la vue la gardaient jusqu’au dernier contrôle [8].
  • Adénite sébacée : une maladie immunitaire de la peau qui détruit les glandes sébacées. Dans une étude de 97 akitas de race, 23 avaient la maladie à la biopsie. Les lésions commençaient surtout sur le dos et les oreilles, la perte de poils touchait surtout le sous-poil, et une transmission autosomique récessive semblait possible [7].

Ce qui est particulier dans les analyses de l’akita

Deux particularités du sang de l’akita peuvent rendre anormaux les résultats d’un chien en bonne santé : des globules rouges riches en potassium et des plaquettes basses.

Valeurs moyennes chez 48 akitas adultes en bonne santé au Brésil, dont 10 (21 %) avaient le type à globules rouges riches en potassium. Chaque laboratoire fixe ses propres intervalles.
AnalyseAkitas à globules rouges riches en potassiumAkitas à globules rouges normaux
Potassium plasmatique6,6 mmol/L [11]4,4 mmol/L [11]
Hématocrite42,9 % [11]46,7 % [11]
Hémoglobine13,5 g/dL [11]15,9 g/dL [11]
VGM70,0 fL [11]63,4 fL [11]

Potassium. Les globules rouges du chien contiennent en général peu de potassium, mais certaines races japonaises ou asiatiques, comme l’akita et le shiba inu, en ont beaucoup [10]. Dans la première description, un akita sain au potassium élevé avait un test de stimulation à l’ACTH normal, et la valeur élevée venait de l’hémolyse de l’échantillon. Six akitas sur 8 testés avaient des globules rouges riches en potassium, et le potassium du plasma augmentait d’autant plus que le plasma restait au contact des cellules, dès 4 heures au réfrigérateur [9]. Séparer rapidement le sérum ou le plasma des cellules évite cet artefact [10]. Voir aussi la maladie d’Addison chez le chien.

Globules rouges. Les akitas à globules rouges riches en potassium avaient un hématocrite, une hémoglobine et une CCMH plus bas et un VGM plus élevé que les autres akitas [11], tandis que les akitas dans leur ensemble avaient un VGM plus bas que des chiens témoins dans une étude australienne [12]. Lues avec les intervalles habituels du chien, les valeurs des globules rouges d’un akita sain peuvent paraître légèrement anormales. Voir l’anémie chez le chien et le chat.

Plaquettes. Chez 18 akitas sains en Australie, 83 % avaient moins de 150 × 10⁹ plaquettes/L, contre aucun des 11 chiens témoins, et aucun ne saignait. Les numérations automatiques étaient plus basses que les comptages manuels, et de grandes plaquettes n’étaient vues que chez 11 % des akitas. Les auteurs conseillent de confirmer manuellement un chiffre bas pour éviter un diagnostic erroné de thrombopénie immune et un traitement inutile [12]. Voir plaquettes basses chez le chien.

Pour aller plus loin

In English: Akita.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Ce potassium élevé peut-il être un artefact lié aux globules rouges de mon akita ?
  2. L’échantillon était-il hémolysé, ou le sérum a-t-il été séparé tardivement ?
  3. Les plaquettes basses ont-elles été vérifiées par un comptage manuel ou sur frottis ?
  4. Le bilan thyroïdien de mon chien évoque-t-il une hypothyroïdie ?
  5. Quels sont les signes d’une torsion d’estomac, et que faire si je les vois ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un akita inu ?

Dans les dossiers vétérinaires britanniques, les akitas décédés avaient en médiane 11,3 ans [3]. Une grande étude britannique regroupant akitas japonais et américains a trouvé une médiane de 11,4 ans [4].

Pourquoi le potassium de mon akita est-il élevé ?

Beaucoup d’akitas ont des globules rouges riches en potassium. Si l’échantillon est hémolysé ou si le sérum n’est pas séparé rapidement, le potassium en sort et le résultat paraît élevé chez un chien sain [9, 10].

Des plaquettes basses sont-elles normales chez l’akita ?

C’est fréquent : 83 % des akitas sains d’une étude australienne avaient moins de 150 × 10⁹/L sans saigner, et les automates avaient tendance à sous-compter [12].

L’akita inu est-il sujet à l’hypothyroïdie ?

Oui. Dans les cliniques britanniques, l’akita inu avait 4,69 fois plus de risque que les croisés [5].

Quelle différence entre l’akita inu et l’akita américain ?

Les deux descendent des chiens akita du Japon, mais l’akita américain a été développé aux États-Unis à partir de chiens emmenés après la Seconde Guerre mondiale, et c’est une race FCI distincte [1, 2].

Sources

  1. FCI. Standard n° 255 : Akita. 2001. fci.be/Nomenclature/Standards/255g05-fr.pdf
  2. FCI. Standard n° 344 : American Akita (akita américain). 2026. fci.be/Nomenclature/Standards/344g05-fr.pdf
  3. O’Neill DG et al. Giant dog breeds under primary veterinary care in the UK: demography, common disorders and mortality. Companion Anim Health Genet. 2026;13:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-026-00152-7
  4. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableaux supplémentaires S3 et S5 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  5. O’Neill DG et al. Frequency, breed predispositions and other demographic risk factors for diagnosis of hypothyroidism in dogs under primary veterinary care in the UK. Canine Med Genet. 2022;9:11 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-022-00123-8
  6. O’Neill DG et al. Gastric dilation-volvulus in dogs attending UK emergency-care veterinary practices: prevalence, risk factors and survival. J Small Anim Pract. 2017;58(11):629-638 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.12723
  7. Reichler IM et al. Sebaceous adenitis in the Akita: clinical observations, histopathology and heredity. Vet Dermatol. 2001;12(5):243-253 (en anglais). doi.org/10.1046/j.0959-4493.2001.00251.x
  8. Zarfoss MK et al. Clinical findings and outcomes for dogs with uveodermatologic syndrome. J Am Vet Med Assoc. 2018;252(10):1263-1271 (en anglais). doi.org/10.2460/javma.252.10.1263
  9. Degen M. Pseudohyperkalemia in Akitas. J Am Vet Med Assoc. 1987;190(5):541-543 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/3558091
  10. eClinPath (Université Cornell). Potassium (en anglais). eclinpath.com/chemistry/electrolytes/potassium
  11. Conrado FO et al. Clinicopathologic and electrocardiographic features of Akita dogs with high and low erythrocyte potassium phenotypes. Vet Clin Pathol. 2014;43(1):50-54 (en anglais). doi.org/10.1111/vcp.12112
  12. Bool JD et al. Asymptomatic thrombocytopenia in Akitas: a prospective cross-sectional study of platelet characteristics in an Eastern Australian population. Aust Vet J. 2026;104:600-604 (en anglais). doi.org/10.1111/avj.70111

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.