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Épagneul breton : santé et ce que montrent les analyses

L’épagneul breton est le plus petit des chiens d’arrêt et la plus nombreuse des races d’arrêt françaises. Les données de dépistage pointent les hanches, avec près de quatre épagneuls bretons suédois sur dix dysplasiques, et le bas de la colonne, où une vertèbre de transition est fréquente, surtout chez les chiens nés sans queue ou à queue courte. Ses coudes sont exposés aux fractures, et son cœur normal paraît plus grand à la radiographie que la référence générale.

Un épagneul breton orange et blanc debout dans l’herbe, tournant la tête
Photo : Pharaoh Hound · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Une grande étude britannique a trouvé une durée de vie médiane de 11,1 ans, avec un risque de mort précoce plus élevé que chez les croisés. Sur les radiographies de dépistage suédoises, 39,3 % des épagneuls bretons avaient une dysplasie de la hanche, deux fois le taux de l’ensemble des chiens dépistés. Une vertèbre de transition lombo-sacrée a été vue chez 47,8 % des épagneuls bretons norvégiens, plus souvent chez ceux à queue naturellement courte. Les épagneuls bretons avaient 21,5 fois plus de risque que les races de comparaison de se fracturer l’extrémité de l’humérus au coude. Leur indice cardiaque vertébral normal à la radiographie est en moyenne de 10,6 vertèbres. Un déficit en complément C3 et une amyotrophie spinale ont été décrits dans des colonies de recherche de la race.

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L’épagneul breton en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineFrance, centre de la Bretagne [1]
GroupeGroupe 7 de la FCI, section 1.2 (chiens d’arrêt continentaux de type épagneul) [1]
Poids14 à 18 kg [2]
TailleMâles 48 à 51 cm, femelles 47 à 50 cm, avec une tolérance de 1 cm [1]
Espérance de vieMédiane de 11,1 ans dans une grande étude britannique, avec un risque de mort précoce plus élevé que chez les croisés [3]
PoilFin, plat ou légèrement ondulé, jamais frisé ; blanc et orange, blanc et noir ou blanc et marron, pie ou rouanné, parfois tricolore ; queue courte ou absente [1]

Origine

L’épagneul breton est originaire du centre de la Bretagne et compte probablement parmi les plus vieux chiens de type épagneul. Il a été amélioré au début du XXe siècle par divers croisements et sélections. Un projet de standard élaboré à Nantes en 1907 fut adopté lors de la première assemblée plénière du club à Loudéac, le 7 juin 1908 : ce fut le premier standard du « Club de l’épagneul breton à courte queue naturelle ». C’est le plus petit des chiens d’arrêt et, aujourd’hui, la première race de chiens d’arrêt français par le nombre [1].

L’American Kennel Club l’a reconnu en 1934, sous le nom de Brittany, dans son groupe des chiens d’arrêt et de rapport [2].

Les problèmes de santé fréquents

  • Dysplasie de la hanche : sur les radiographies de dépistage de jeunes chiens adultes en Suède de 2007 à 2016, 39,3 % des 229 épagneuls bretons avaient une dysplasie de la hanche (stades C à E) et 12,2 % une dysplasie moyenne ou grave (stades D et E), contre 19,8 % de dysplasie pour l’ensemble des chiens dépistés [4].
  • Vertèbre de transition lombo-sacrée : sur les radiographies de dépistage des hanches de 744 épagneuls bretons norvégiens, 47,8 % avaient cette anomalie congénitale de la dernière vertèbre lombaire. Les chiens à queue naturellement courte avaient environ deux fois plus de risque de la présenter, le lien le plus fort concernant ceux qui n’avaient qu’un moignon de queue [5]. Dans une étude de 32 épagneuls bretons et chiens d’élan norvégiens, les formes les plus marquées (types 2 et 3) étaient associées à une douleur lombaire légère [6].
  • Fractures de l’extrémité de l’humérus au coude : dans un hôpital universitaire américain sur dix ans, les épagneuls bretons avaient 21,5 fois plus de risque de fracture du condyle huméral que les races de comparaison ; les cockers avaient un risque encore plus élevé, 42,8 fois [7].
  • Maladie de la valve mitrale : dans une étude française, 15 épagneuls bretons atteints de maladie valvulaire mitrale dégénérative avaient un indice cardiaque vertébral moyen de 11,9 à la radiographie du thorax [8]. Voir l’insuffisance cardiaque du chien.
  • Maladies héréditaires découvertes dans des colonies de recherche : un déficit héréditaire en complément C3, sans C3 détectable dans le sérum, a été identifié dans une colonie d’épagneuls bretons et se transmet de façon récessive [9]. Il prédispose aux infections bactériennes à répétition et à la glomérulonéphrite membranoproliférative de type 1 [10]. L’amyotrophie spinale héréditaire du chien, une maladie des motoneurones, a aussi été décrite chez l’épagneul breton, avec une transmission dominante [11].

Ce qui est particulier dans les analyses de l’épagneul breton

Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres à l’épagneul breton pour le bilan courant. Trois données propres à la race sont utiles pour lire les résultats.

Taille du cœur à la radiographie. Chez 28 épagneuls bretons en bonne santé, l’indice cardiaque vertébral moyen était de 10,6 vertèbres, plus élevé que les 9,7 de la référence d’origine établie sur des chiens de races variées. Un seuil de 11,1 vertèbres détectait un cœur agrandi avec une sensibilité de 90 % [8]. Un cœur qui paraît un peu grand selon les normes générales peut donc être normal pour la race.

Complément C3 et reins. Les chiens déficients en C3 n’ont pas de C3 détectable dans le sérum [9] et peuvent développer une glomérulonéphrite membranoproliférative, une maladie des filtres du rein [10]. Notre guide de la protéinurie explique comment ces atteintes du rein sont recherchées. Nous n’avons pas trouvé de données sur la fréquence de ce déficit chez les épagneuls bretons de compagnie aujourd’hui.

Groupes sanguins. Dans une étude italienne, 77,1 % de 83 épagneuls bretons étaient DEA 1 positifs, l’un des taux les plus élevés des races testées [12]. Le groupage avant une transfusion est expliqué dans l’anémie chez le chien et le chat.

Dépistage. L’AKC recommande pour la race l’évaluation des hanches et un examen des yeux par un vétérinaire ophtalmologiste [2]. La radiographie des hanches montre aussi une éventuelle vertèbre de transition lombo-sacrée [5].

Pour aller plus loin

In English: Brittany.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Les hanches de mon chien ont-elles été radiographiées et classées, et la radiographie montre-t-elle une vertèbre de transition ?
  2. Si mon chien a mal au dos, une vertèbre de transition lombo-sacrée peut-elle être en cause ?
  3. Si mon chien boite d’une patte avant, faut-il contrôler le condyle huméral ?
  4. L’indice cardiaque vertébral de mon chien est-il normal pour un épagneul breton ?
  5. Le groupe sanguin de mon chien a-t-il été déterminé, au cas où une transfusion serait nécessaire ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un épagneul breton ?

Une grande étude britannique a trouvé une durée de vie médiane de 11,1 ans, avec un risque de mort précoce plus élevé que chez les croisés [3].

L’épagneul breton a-t-il des problèmes de hanches ?

Oui. En Suède, 39,3 % des épagneuls bretons dépistés avaient une dysplasie de la hanche, deux fois le taux de l’ensemble des chiens dépistés [4].

Pourquoi certains épagneuls bretons n’ont-ils pas de queue, et est-ce important ?

Certains naissent avec une queue courte ou sans queue, ce que le standard admet [1]. En Norvège, les chiens à queue naturellement courte avaient environ deux fois plus de risque d’avoir une vertèbre de transition lombo-sacrée [5].

L’épagneul breton a-t-il des problèmes de cœur ?

La maladie valvulaire mitrale dégénérative existe dans la race, et son indice cardiaque normal à la radiographie est plus élevé que la référence générale, autour de 10,6 vertèbres [8].

Quels dépistages pour un épagneul breton ?

L’AKC recommande l’évaluation des hanches et un examen des yeux [2]. Les radiographies de dépistage des hanches montrent aussi le bas de la colonne [5].

Sources

  1. FCI. Standard n° 95 : Épagneul breton. 2003. fci.be/Nomenclature/Standards/095g07-fr.pdf
  2. American Kennel Club. Brittany: dog breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/brittany
  3. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  4. Engdahl K et al. Prevalence of hip and elbow dysplasia in young adult dogs in Sweden. Vet Rec. 2026;198(12):e560-e573 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.70224
  5. Berg JA et al. Association between the natural bobtail phenotype and lumbosacral transitional vertebra in Brittany dogs and Danish-Swedish Farmdogs. Can Vet J. 2026;67(8):882-888 (en anglais, résumé en français). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42544340
  6. Berg JA et al. Transitional lumbosacral vertebrae in black Norwegian elkhound and Brittany dogs: clinical findings and its association with degenerative lumbosacral stenosis. Acta Vet Scand. 2025;67:10 (en anglais). doi.org/10.1186/s13028-025-00797-7
  7. Schettler M et al. A prevalence study of canine humeral condylar fractures over a ten-year period at an academic teaching hospital. Vet Comp Orthop Traumatol. 2022;35(3):191-197 (en anglais). doi.org/10.1055/s-0042-1744445
  8. Kallassy A et al. Vertebral heart scale for the Brittany spaniel: breed-specific range and its correlation with heart disease assessed by clinical and echocardiographic findings. Vet Sci. 2021;8(12):300 (en anglais). doi.org/10.3390/vetsci8120300
  9. Winkelstein JA et al. Genetically determined deficiency of the third component of complement in the dog. Science. 1981;212(4499):1169-1170 (en anglais). doi.org/10.1126/science.7233211
  10. Ameratunga R et al. Molecular analysis of the third component of canine complement (C3) and identification of the mutation responsible for hereditary canine C3 deficiency. J Immunol. 1998;160(6):2824-2830 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9510185
  11. Sack GH Jr et al. Autosomal dominant inheritance of hereditary canine spinal muscular atrophy. Ann Neurol. 1984;15(4):369-373 (en anglais). doi.org/10.1002/ana.410150411
  12. Medina Valentin AA, Gavazza A, Lubas G. Prevalence of dog erythrocyte antigen 1 in 7,414 dogs in Italy. Vet Med Int. 2017;2017:5914629 (en anglais). doi.org/10.1155/2017/5914629

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.