Le montagne des Pyrénées en bref
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | France [1] |
| Groupe | Groupe 2 de la FCI, section 2.2 (molossoïdes de type montagne) [1] |
| Poids | Poids adulte médian de 50,1 kg (47,6 kg chez les femelles, 53,0 kg chez les mâles) dans les cliniques britanniques [2] |
| Taille | Mâles 70 à 80 cm, femelles 65 à 75 cm, avec une tolérance de 2 cm au-dessus [1] |
| Espérance de vie | Âge médian au décès de 11,0 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques, sur seulement 11 chiens [2] |
| Poil | Long, plat et souple, avec un sous-poil épais ; blanc, ou blanc avec des taches grises, jaune pâle ou orangées [1] |
| Ergots | Ergots doubles à chaque membre postérieur, exigés par le standard [1] |
Origine
La race est présente dans les Pyrénées depuis des temps immémoriaux. Gardien de châteaux au Moyen Âge, elle est mentionnée par Gaston Phébus au XIVe siècle et connut la gloire à la cour de Louis XIV. La première description détaillée date de 1897, et le standard officiel a été enregistré auprès de la Société centrale canine en 1923 [1].
Son rôle traditionnel est la protection du troupeau en montagne : seul, il défend les bêtes contre les prédateurs [1].
Les problèmes de santé fréquents
- Maladie d’Addison (hypocorticisme) : dans un hôpital vétérinaire universitaire canadien, de 2005 à 2014, 9,73 % des montagnes des Pyrénées ont reçu ce diagnostic, le taux le plus élevé de toutes les races, contre 0,38 % de l’ensemble des chiens vus. Onze montagnes des Pyrénées étaient atteints [3]. Voir la maladie d’Addison chez le chien.
- Thrombasthénie de Glanzmann : un défaut héréditaire du fonctionnement des plaquettes. Le premier montagne des Pyrénées atteint saignait du nez de façon chronique et des gencives à la chute des dents de lait, alors que ses plaquettes étaient normales en nombre et en taille [4]. La maladie est autosomique récessive et liée à une mutation du gène du récepteur plaquettaire du fibrinogène (αIIb) [5].
- Variants héréditaires des yeux et de la moelle épinière : chez des reproducteurs italiens, 6 % portaient le variant BEST1 de la rétinopathie multifocale et 13 % le variant SOD1 associé à la myélopathie dégénérative. Aucun ne portait le variant de cataracte héréditaire testé [6].
- Dégénérescence neuronale liée au gène SACS : une maladie reconnue récemment dans la race, avec une perte progressive de la coordination, une raideur et une atteinte des nerfs qui peuvent débuter dès l’âge de 4 mois. Elle est autosomique récessive et due à une délétion du gène SACS [7].
- Chondrodysplasie (nanisme) : des chiots aux membres et au tronc courts ont été décrits, avec une transmission compatible avec un caractère récessif. Trois des 5 chiots étudiés étaient sourds [8].
Ce qui est particulier dans les analyses du montagne des Pyrénées
Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres au montagne des Pyrénées. Les travaux publiés signalent plutôt deux situations où les résultats courants doivent être lus avec attention.
Signes de maladie d’Addison. Par rapport aux chiens d’autres races atteints, les montagnes des Pyrénées malades présentaient plus souvent une anémie, une azotémie (valeurs rénales élevées) et une éosinophilie, ou arrivaient en hypotension et amaigris [3]. Notre guide du test de stimulation à l’ACTH explique comment le diagnostic est confirmé.
Saignements avec des résultats normaux. Chez les montagnes des Pyrénées thrombasthéniques, les tests de coagulation, la numération plaquettaire et le facteur von Willebrand étaient dans les valeurs de référence, malgré des saignements de nez incontrôlés [5]. Le défaut n’apparaissait qu’aux tests spécialisés de la fonction plaquettaire : l’agrégation était nettement diminuée et la rétraction du caillot altérée [4]. Une prise de sang normale ne l’exclut donc pas.
Tests ADN. La mutation de la thrombasthénie a permis d’identifier des porteurs parmi les apparentés d’un chien atteint [5]. Un test génétique est proposé pour la dégénérescence neuronale liée au gène SACS [7], et les chiens peuvent être génotypés pour les variants de rétinopathie multifocale et de myélopathie dégénérative [6].
Pour aller plus loin
In English: Great Pyrenees.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Les signes vagues de mon chien, comme un amaigrissement ou de la fatigue, peuvent-ils venir d’une maladie d’Addison ?
- La prise de sang de mon chien montre-t-elle une anémie, des valeurs rénales élevées ou beaucoup d’éosinophiles ?
- Si mon chien saigne facilement mais que ses plaquettes sont normales, faut-il tester leur fonctionnement ?
- Les parents ont-ils été testés pour la thrombasthénie, la dégénérescence neuronale, la rétinopathie et la myélopathie dégénérative ?
- La croissance de mon chiot est-elle normale pour une race géante ?
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Questions fréquentes
Quelle est l’espérance de vie d’un montagne des Pyrénées ?
Dans les dossiers vétérinaires britanniques, l’âge médian au décès était de 11,0 ans, mais seuls 11 chiens étaient inclus [2].
Quelles maladies touchent le montagne des Pyrénées ?
Les études publiées pointent la maladie d’Addison [3], un trouble héréditaire des plaquettes appelé thrombasthénie de Glanzmann [4, 5], une dégénérescence neuronale [7], le nanisme [8], et des variants liés à la rétinopathie et à la myélopathie dégénérative [6].
Le patou est-il sujet à la maladie d’Addison ?
Dans une étude d’un hôpital canadien, 9,73 % des montagnes des Pyrénées avaient une maladie d’Addison, le taux le plus élevé de toutes les races, contre 0,38 % de l’ensemble des chiens [3].
Sources
- FCI. Standard n° 137 : Chien de montagne des Pyrénées. 2005. fci.be/Nomenclature/Standards/137g02-fr.pdf
- O’Neill DG et al. Giant dog breeds under primary veterinary care in the UK: demography, common disorders and mortality. Companion Anim Health Genet. 2026;13:4 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-026-00152-7
- Decôme M, Blais MC. Prévalence et caractéristiques cliniques de l’hypoadrénocorticisme chez les Montagnes des Pyrénées au sein d’une population référée : 11 cas. Can Vet J. 2017;58(10):1093-1099 (article en anglais, résumé en français). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28966360
- Boudreaux MK et al. Type I Glanzmann’s thrombasthenia in a Great Pyrenees dog. Vet Pathol. 1996;33(5):503-511 (en anglais). doi.org/10.1177/030098589603300504
- Lipscomb DL et al. Two genetic defects in alphaIIb are associated with type I Glanzmann’s thrombasthenia in a Great Pyrenees dog. Vet Pathol. 2000;37(6):581-588 (en anglais). doi.org/10.1354/vp.37-6-581
- Moretti R et al. Allele and genotype frequencies for primary hereditary cataract, multifocal retinopathy 1, and degenerative myelopathy in Pyrenean Mountain dog from Italy. Top Companion Anim Med. 2024;58:100844 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tcam.2023.100844
- Ekenstedt KJ et al. A SACS deletion variant in Great Pyrenees dogs causes autosomal recessive neuronal degeneration. Hum Genet. 2023;142(11):1587-1601 (en anglais). doi.org/10.1007/s00439-023-02599-1
- Bingel SA, Sande RD. Chondrodysplasia in five Great Pyrenees. J Am Vet Med Assoc. 1994;205(6):845-848 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7829378
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.
