Le sibérien en bref
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Origine | Russie, où son histoire écrite remonte aux environs de l’an 1000 ; les premiers sibériens d’élevage sont arrivés aux États-Unis en 1990 [1] |
| Groupe | FIFe catégorie 2 [2] |
| Gabarit | Moyen à assez grand, robuste et lourd pour sa taille ; mâles de 5,4 à 8,2 kg, femelles de 3,6 à 5,4 kg ; maturité lente, jusqu’à 5 ans [1] |
| Espérance de vie | Pas de chiffre pour la race dans les tables de vie britanniques de 2024, limitées aux races comptant au moins 15 décès ; 11,74 ans à la naissance pour l’ensemble des chats [3] |
| Pelage | Mi-long à long, à trois couches, plus épais en hiver ; toutes les couleurs sont admises [1] |
Origine
Considéré comme le chat national de la Russie, le sibérien a vécu pendant des siècles auprès des paysans et des commerçants, et son histoire écrite remonte aux environs de l’an 1000. Il s’est fait connaître hors de Russie avec les premières expositions félines en Angleterre, dans les années 1890. Les premiers sibériens d’élevage sont arrivés aux États-Unis en 1990 ; la Cat Fanciers’ Association a accepté la race à l’enregistrement en 2000 et en championnat en 2007 [1].
La FIFe classe le sibérien en catégorie 2 et reconnaît sa forme colourpoint, le neva masquerade, comme une race distincte [2, 6]. Comme le norvégien et le maine coon, le sibérien descend de populations régionales de chats harets [4], et sa diversité génétique dépassait la moyenne des chats de race dans une grande étude ADN [6].
Les problèmes de santé fréquents
- Cardiomyopathie hypertrophique (CMH) : un épaississement du muscle cardiaque, cité par le club de race parmi les maladies héréditaires que les éleveurs de sibériens dépistent [1]. Chez trois sibériens atteints de CMH, aucune variante causale n’a été trouvée dans huit gènes cardiaques liés à la maladie chez l’humain [8]. La plupart des chats atteints de CMH sont sans pedigree, et les données de prévalence fiables manquent pour les chats de race [9]. Dans un dépistage ADN, 1 sibérien sur 559 portait la variante MYBPC3 du maine coon [6].
- Polykystose rénale (PKD) : elle figure aussi sur la liste du club de race [1]. La variante PKD1 connue chez les chats de type persan a été trouvée chez 1 sibérien sur 559 [6]. Voir l’insuffisance rénale du chat.
- Déficit en pyruvate kinase (PK) : un défaut enzymatique héréditaire des globules rouges qui raccourcit leur durée de vie et provoque une anémie, d’apparition et de gravité très variables. Sur 377 sibériens testés, 16 portaient une copie de la variante et un en portait deux [4]. Voir l’anémie hémolytique du chat.
- Polyneuropathie motrice juvénile : dans une famille de 13 sibériens apparentés, 4 ont présenté une faiblesse entre 4 et 10 mois ; tous ont récupéré en 1 à 4 semaines mais ont eu au moins une rechute, dont ils se sont aussi remis. Le pedigree suggérait une transmission récessive [11].
- Calculs urinaires : parmi les calculs de sibériens analysés en Allemagne, 36,8 % étaient des struvites, l’une des races où la struvite dominait [12]. Voir l’analyse d’urine.
- Diabète : dans des données d’assurance suédoises, le sibérien avait une faible incidence du diabète (2,3 cas pour 10 000 années-chat), mais c’était aussi le groupe assuré le plus jeune, et après ajustement sur l’âge son taux était proche de la moyenne [10].
Races forestières apparentées : voir les fiches chat des forêts norvégiennes et maine coon.
Analyses et dépistages chez le sibérien
- Valeurs propres à la race : chez des sibériens et des norvégiens en bonne santé, les bêta-2 et gamma-globulines étaient plus basses que les intervalles de référence félins généraux, un écart que les auteurs jugeaient susceptible de fausser l’interprétation ; ils recommandaient des intervalles propres à la race pour ces valeurs [7]. Voir la prise de sang du chat.
- Test ADN du déficit en PK : recommandé chez le sibérien [4]. Les chats atteints peuvent être anémiques, avec des signes comme abattement, faiblesse, perte de poids ou jaunisse [4]. Voir l’anémie du chat.
- Groupe sanguin : dans une grande étude ADN, 1,9 % des 582 sibériens étaient de groupe B [6] ; dans une enquête plus petite, 2 sur 27 étaient de groupe B et 8 portaient l’allèle B [5]. Une transfusion ou un mariage incompatibles peuvent provoquer des réactions graves et la destruction des globules rouges des chatons, et le typage ADN indique aux éleveurs quels chats portent B [5].
- Dépistage cardiaque : l’échographie cardiaque est l’examen de référence de la CMH [9]. Les tests génétiques de la CMH sont recommandés chez le maine coon et le ragdoll, dont les variantes sont connues [9] ; aucune variante n’a été identifiée chez le sibérien [8]. Le dosage du NT-proBNP peut servir quand l’échographie n’est pas disponible, mais il n’est pas recommandé pour distinguer un chat normal d’une CMH légère à modérée [9].
- Urine : en plus des calculs de struvite [12], une variante liée à la cystinurie (cystine dans l’urine) a été trouvée chez 4 sibériens sur 559 dans un dépistage ADN [6].
Pour aller plus loin
In English: Siberian cat.
Questions à poser à votre vétérinaire
- Les parents de mon chat ont-ils eu une échographie cardiaque de dépistage, et mon chat devrait-il en avoir une ?
- Mon chat, ou ses parents, ont-ils eu les tests ADN du déficit en PK et de la PKD ?
- Les globulines de mon chat sont-elles basses, et est-ce normal pour un sibérien ?
- Connaît-on le groupe sanguin de mon chat ?
- Y a-t-il des cristaux ou des calculs dans l’urine de mon chat ?
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Questions fréquentes
Combien de temps vit un chat sibérien ?
Il n’existe pas de chiffre publié pour la race : les tables de vie britanniques de 2024 ne couvrent que les races comptant au moins 15 décès, et le sibérien n’en faisait pas partie. L’espérance de vie à la naissance de l’ensemble des chats était de 11,74 ans [3].
Quelles sont les maladies du chat sibérien ?
Le club de race cite la cardiomyopathie hypertrophique et la polykystose rénale parmi les maladies que les éleveurs dépistent [1]. Des porteurs du déficit en PK [4], une polyneuropathie motrice juvénile dans une famille [11] et des calculs de struvite [12] ont aussi été décrits.
Existe-t-il un test ADN de la CMH chez le sibérien ?
Aucune variante de CMH propre au sibérien n’est connue : chez trois sibériens atteints, aucune variante causale n’a été trouvée dans huit gènes cardiaques [8]. L’échographie cardiaque est l’examen de référence [9].
Quels examens pour un chat sibérien ?
Le test ADN du déficit en PK, la détermination du groupe sanguin et le dépistage par échographie cardiaque sont les examens les plus souvent discutés [1, 4, 5, 9].
Pourquoi les globulines de mon sibérien sont-elles basses ?
Des sibériens en bonne santé avaient des bêta-2 et gamma-globulines plus basses que les intervalles de référence félins généraux dans une étude italienne : une valeur basse peut donc être normale pour la race, et votre vétérinaire la lira avec le reste du bilan [7].
Sources
- The Cat Fanciers’ Association. Siberian: breed profile (en anglais). cfa.org/breed/siberian
- Fédération Internationale Féline. Breeds and standards (en anglais). fifeweb.org/cats/breeds
- Teng KT et al. Life tables of annual life expectancy and risk factors for mortality in cats in the UK. J Feline Med Surg. 2024;26(5):1098612X241234556 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X241234556
- Grahn RA et al. Erythrocyte pyruvate kinase deficiency mutation identified in multiple breeds of domestic cats. BMC Vet Res. 2012;8:207 (en anglais). doi.org/10.1186/1746-6148-8-207
- Kehl A et al. CMAH genotyping survey for blood types A, B and C (AB) in purpose-bred cats. Anim Genet. 2019;50(3):303-306 (en anglais). doi.org/10.1111/age.12778
- Anderson H et al. Genetic epidemiology of blood type, disease and trait variants, and genome-wide genetic diversity in over 11,000 domestic cats. PLoS Genet. 2022;18(6):e1009804 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pgen.1009804
- Paltrinieri S et al. Haematological and biochemical reference intervals of four feline breeds. J Feline Med Surg. 2014;16(2):125-136 (en anglais). doi.org/10.1177/1098612X13499337
- Meurs KM et al. Analysis of 8 sarcomeric candidate genes for feline hypertrophic cardiomyopathy mutations in cats with hypertrophic cardiomyopathy. J Vet Intern Med. 2009;23(4):840-843 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2009.0341.x
- Luis Fuentes V et al. ACVIM consensus statement guidelines for the classification, diagnosis, and management of cardiomyopathies in cats. J Vet Intern Med. 2020;34(3):1062-1077 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.15745
- Öhlund M et al. Incidence of diabetes mellitus in insured Swedish cats in relation to age, breed and sex. J Vet Intern Med. 2015;29(5):1342-1347 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.13584
- Crawford KC et al. Juvenile-onset motor polyneuropathy in Siberian cats. J Vet Intern Med. 2020;34(6):2595-2604 (en anglais). doi.org/10.1111/jvim.15963
- Breu D, Müller E. Feline uroliths: analysis of frequency and epidemiology in Germany (2016-2020). Tierarztl Prax Ausg K Kleintiere Heimtiere. 2022;50(2):102-111 (en allemand). doi.org/10.1055/a-1795-8078
Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.
