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MALADIE · CHIEN

Parvovirose du chien : symptômes, prise de sang et test

La parvovirose provoque des vomissements et une diarrhée sévères, surtout chez le chiot de moins de 6 mois. La numération montre souvent des globules blancs bas, et le test rapide sur les selles peut confirmer la maladie. Un test négatif ne l’exclut pourtant pas toujours, et la numération refaite 24 heures après l’hospitalisation aide le vétérinaire à juger du pronostic.

L’essentiel

La parvovirose touche surtout les chiots de moins de 6 mois. L’anomalie la plus fréquente de la numération est la baisse des lymphocytes, puis celle des neutrophiles et des globules blancs. Un test antigénique positif sur les selles est fiable, mais un test négatif n’exclut pas la maladie : la PCR sur les selles est plus sensible. À l’hôpital, la plupart des chiots survivent, et des globules blancs qui remontent 24 heures après l’admission sont un très bon signe.

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Quels chiens sont touchés

La forme sévère touche surtout les chiens de moins de 6 mois ; les adultes dont l’immunité est insuffisante peuvent aussi être atteints [1]. Les signes apparaissent 4 à 14 jours après la contamination. Le virus est excrété dans les selles quelques jours avant les signes, puis de moins en moins, jusqu’à 3 à 4 semaines après l’exposition [1].

Nous n’avons pas trouvé de chiffres français publiés. Les données européennes citées ici viennent d’Allemagne, d’Italie, de Grèce et d’Espagne : dans le centre de l’Espagne, le variant CPV-2c était le plus fréquent parmi les virus séquencés [12]. Aux États-Unis, sur 78 977 cas, 46,3 % des chiens avaient 8 à 16 semaines [3].

Les symptômes de la parvovirose

  • Perte d’appétit, abattement, faiblesse [1].
  • Diarrhée malodorante, de muqueuse à franchement hémorragique [1].
  • Vomissements, déshydratation et fièvre [1].
  • Plus rarement : invagination intestinale (rare mais potentiellement mortelle), et exceptionnellement des signes cardiaques ou nerveux [1].

Ce que montre la numération

Fréquences d’une étude grecque de 76 chiens atteints, reprises dans une revue de 2016 [1].
AnomalieFréquenceCe que cela signifie
Lymphocytes bas (lymphopénie)61 % (37/61)L’anomalie la plus fréquente [1]. Le stress fait aussi baisser les lymphocytes [10].
Neutrophiles bas (neutropénie)39 % (24/61)Le virus détruit la moelle osseuse ; une inflammation sévère consomme aussi les neutrophiles [1, 10].
Globules blancs bas (leucopénie)35 % (26/75)Moins fréquente que la baisse des lymphocytes [1].
Monocytes bas26 % (16/61)Fait partie du même tableau [1].
Plaquettes hautes / basses32 % / 8 %Les plaquettes hautes étaient plus fréquentes que les basses [1].
Anémie14 % (11/76)Peu fréquente [1].

Une numération normale n’exclut pas la parvovirose. Voir les globules blancs du chien et la prise de sang du chien.

Lire la ligne des globules blancs

Dans une étude de 62 chiots hospitalisés, la numération refaite 24 heures après l’admission s’est montrée très informative. Tous les chiots dont les globules blancs, les lymphocytes ou les neutrophiles étaient remontés au-dessus des seuils à 24 heures ont survécu [2]. Les auteurs concluent qu’un pronostic précis peut être obtenu 24 heures après l’admission [2].

Un chiffre bas n’est pas une condamnation : 58 % des survivants avaient encore des globules blancs bas à 24 heures, et une neutropénie sévère était présente chez les survivants comme chez les chiots décédés [2]. C’est l’évolution qui compte le plus.

Une ligne de compte rendu, annotée · Exemple illustratif
AbréviationRésultatUnitéIntervalle du laboratoireSignalement
GB globules blancs1,8G/l5,0 – 14,1L
  1. Abréviation GB, WBC, globules blancs ou leucocytes. À lire avec les lignes des lymphocytes et des neutrophiles.
  2. Résultat 1,8 G/l dans cet exemple : nettement bas (leucopénie).
  3. Unité G/l, ×10⁹/l ou 10³/µl : le même nombre dans les trois cas.
  4. Intervalle du laboratoire Un intervalle d’exemple ; chaque laboratoire fixe le sien. Dans l’étude à 24 heures, la limite basse était de 4,05 G/l [2].
  5. Signalement L ou une flèche vers le bas : sous l’intervalle. Dans la parvovirose, un chiffre qui remonte à la prise de sang suivante est un bon signe [2].
Part des chiots au-dessus de chaque seuil qui ont survécu (valeur prédictive positive de survie), 62 chiots [2].
Valeur au-dessus deÀ l’admissionÀ 24 hÀ 48 h
Globules blancs ≥ 4,5 G/l90 %100 %97 %
Lymphocytes ≥ 1,0 G/l100 %100 %100 %
Neutrophiles ≥ 3,0 G/l95 %100 %100 %

Ce que montre la biochimie

Fréquences de la même revue de 2016 [1] ; tous les chiens n’avaient pas tous les dosages.
ValeurRésultatPourquoi c’est important
GlycémieBasse dans 26 % des cas, mais haute dans 68 %L’hypoglycémie peut être une complication sévère, surtout chez les races toy [1].
PotassiumBas dans 9 % des cas dans un tableauL’hypokaliémie est décrite comme un problème fréquent dans la parvovirose [1].
Albumine et protéines totalesAlbumine basse 32 %, protéines basses 27 %Une albumine basse à l’admission était liée à 2,5 jours d’hospitalisation en plus [1, 5]. Des protéines basses étaient liées à un risque de décès plus élevé [3].
SodiumBas dans 56 % des casL’anomalie biochimique la plus fréquente de ce tableau [1].
CalciumBas dans 34 % des casÉgalement fréquent dans la même étude [1].
Enzymes du foiePAL augmentée 27 %, ALAT augmentée 10 %Une ALAT augmentée était associée à la mortalité dans une grande étude [1, 3].

Voir aussi la glycémie du chien et l’albumine et les globulines.

Le test de parvovirose : antigène et PCR

  • Test antigénique sur les selles (type SNAP ou ELISA) : la spécificité dépasse en général 90 %, donc un résultat positif est fiable. La sensibilité va de 16 % à 80 % selon le test de référence [1].
  • Un test négatif n’exclut pas la parvovirose : à Munich, 51,3 % des chiens confirmés par PCR avaient un test antigénique négatif. Ils avaient consulté plus tôt, avec moins de virus dans les selles. Les auteurs conseillent de refaire une PCR sur les selles chez un chien qui a des signes [7].
  • Des selles fraîches aident : en Grèce, un test rapide détectait 22,22 % des chiens positifs en PCR, mais 76,47 % lorsqu’il était fait immédiatement sur des selles fraîches, avec une spécificité de 100 % [6].
  • Vaccin récent et PCR : le virus vaccinal était retrouvé par PCR dans les selles en moyenne 12 à 19 jours après la vaccination [8], et chez 23,0 % de chiens adultes vaccinés jusqu’à 28 jours [9]. Une PCR positive chez un chiot vacciné récemment doit donc être interprétée avec prudence ; une PCR quantitative peut aider [1]. Les faux positifs du test antigénique après vaccination sont très rares [1, 8].
  • Sérologie (anticorps) : elle ne permet pas de diagnostiquer une infection en cours, car les anticorps de la mère, du vaccin ou d’une ancienne infection sont fréquents [1].

Le pronostic

SituationRésultat
Sans traitementSurvie parfois de seulement 9 % [1]
Soins en centre hospitalier de référenceSurvie pouvant dépasser 80 % [1]
Étude hospitalière de 62 chiots84 % de survivants [2]
Essai : hospitalisation ou protocole ambulatoire90 % contre 80 % de sorties, sans différence significative [11]
Cliniques généralistes américaines, 37 707 chiens43,6 % décédés ou euthanasiés en 14 jours (euthanasies comprises) [3]

La maigreur et des protéines sanguines basses augmentaient le risque de décès [3]. Dans le centre de l’Espagne, les chiens de moins de 15 kg avaient une mortalité à l’hôpital plus élevée [12].

Pour aller plus loin

Autres causes de diarrhée chez le chiot : giardiose, coccidiose et ankylostomes. Lymphocytes bas et toux chez un chiot : voir la maladie de Carré.

Chez le chat, voir le typhus du chat. In English: parvo in dogs.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Le test sur les selles est-il positif ? S’il est négatif, faut-il faire une PCR ?
  2. Le vaccin de mon chiot est-il assez récent pour fausser une PCR ?
  3. Quels sont les globules blancs, les lymphocytes et les neutrophiles, et quand les recontrôler ?
  4. La glycémie, le potassium et l’albumine sont-ils normaux ?
  5. Qu’attendez-vous de la numération à 24 heures ?
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Questions fréquentes

Quels sont les symptômes de la parvovirose chez le chien ?

Perte d’appétit, abattement, faiblesse, diarrhée malodorante parfois hémorragique, vomissements, déshydratation et fièvre [1].

Un chien vacciné contre la parvovirose peut-il contracter la maladie ?

Les adultes dont l’immunité est insuffisante peuvent être atteints [1]. Par ailleurs, un chiot vacciné récemment peut excréter le virus vaccinal, ce qui peut rendre une PCR positive pendant quelques semaines [8, 9].

Comment un chien peut attraper la parvovirose ?

Le virus est excrété dans les selles des chiens infectés, dès quelques jours avant les premiers signes et jusqu’à 3 à 4 semaines après l’exposition [1]. Les chiots de moins de 6 mois et les chiens non vaccinés sont les plus exposés [1, 4].

Un chiot peut-il guérir de la parvovirose ?

Oui. Avec des soins hospitaliers, la survie peut dépasser 80 % ; dans une étude de 62 chiots, 84 % ont survécu [1, 2]. Sans traitement, elle peut tomber à 9 % [1].

Un test négatif exclut-il la parvovirose ?

Non. Le test rapide sur les selles manque beaucoup de cas, surtout au début. Si les signes concordent, une PCR sur les selles est conseillée [1, 7].

Sources

  1. Mylonakis ME, Kalli I, Rallis TS. Canine parvoviral enteritis: an update on the clinical diagnosis, treatment, and prevention. Vet Med (Auckl). 2016;7:91-100 (en anglais). doi.org/10.2147/VMRR.S80971
  2. Goddard A et al. Prognostic usefulness of blood leukocyte changes in canine parvoviral enteritis. J Vet Intern Med. 2008;22(2):309-16 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2008.0073.x
  3. Morrison J et al. Canine parvovirus cases (2010-2023): a retrospective study of 78,977 cases. J Am Vet Med Assoc. 2026, publication en ligne anticipée (en anglais). doi.org/10.2460/javma.26.05.0332
  4. Houston DM, Ribble CS, Head LL. Risk factors associated with parvovirus enteritis in dogs: 283 cases (1982-1991). J Am Vet Med Assoc. 1996;208(4):542-6 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8603904
  5. Kalli I et al. Factors affecting the occurrence, duration of hospitalization and final outcome in canine parvovirus infection. Res Vet Sci. 2010;89(2):174-8 (en anglais). doi.org/10.1016/j.rvsc.2010.02.013
  6. Kantere MC et al. Diagnostic performance of a rapid in-clinic test for the detection of Canine Parvovirus under different storage conditions and vaccination status. J Virol Methods. 2015;215-216:52-5 (en anglais). doi.org/10.1016/j.jviromet.2015.02.012
  7. Proksch AL et al. Influence of clinical and laboratory variables on faecal antigen ELISA results in dogs with canine parvovirus infection. Vet J. 2015;204(3):304-8 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2015.03.009
  8. Decaro N et al. Long-term viremia and fecal shedding in pups after modified-live canine parvovirus vaccination. Vaccine. 2014;32(30):3850-3 (en anglais). doi.org/10.1016/j.vaccine.2014.04.050
  9. Freisl M et al. Faecal shedding of canine parvovirus after modified-live vaccination in healthy adult dogs. Vet J. 2017;219:15-21 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2016.11.011
  10. eClinPath, Cornell University College of Veterinary Medicine. Individual WBC (en anglais). eclinpath.com/hematology/leukogram-changes/leukocytes
  11. Venn EC et al. Evaluation of an outpatient protocol in the treatment of canine parvoviral enteritis. J Vet Emerg Crit Care. 2017;27(1):52-65 (en anglais). doi.org/10.1111/vec.12561
  12. Penelo S et al. Canine parvovirus type 2 antigenic variants and in-hospital mortality in central Spain. Open Vet J. 2026;16(3):1932-1940 (en anglais). pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42376115

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.