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RACE · CHIEN

Braque allemand : santé et ce que montrent les analyses

Le braque allemand à poil court (Deutsch Kurzhaar) est un chien de chasse polyvalent qui vit longtemps et qui a parmi les meilleures hanches de toutes les races. Ses maladies héréditaires sont surtout rares mais bien connues : un lupus de la peau qui peut atteindre les reins, une maladie bulleuse de la peau, un trouble de la coagulation et une cécité de jour, chacun avec un test ADN. Comme d’autres chiens à poitrine profonde, il est aussi exposé à la dilatation-torsion de l’estomac.

Un braque allemand rouan marron marchant dans la neige, le nez au sol
Photo : Горбунова М.С. · CC BY-SA 4.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

Une grande étude britannique a trouvé une durée de vie médiane de 13,4 ans, avec un risque de mort précoce plus faible que chez les croisés. Seuls 4,7 % des braques allemands dépistés en Suède avaient une dysplasie de la hanche. La race fait partie de celles qui ont un risque de dilatation-torsion de l’estomac plus élevé que les chiens croisés. Le lupus érythémateux cutané exfoliatif peut s’accompagner d’une perte de protéines dans l’urine : la recherche de protéines urinaires compte chez les chiens atteints. L’épidermolyse bulleuse jonctionnelle, la maladie de von Willebrand de type 2 et la dégénérescence des cônes ont des tests ADN.

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Le braque allemand en bref

CaractéristiqueDétail
OrigineAllemagne [1]
GroupeGroupe 7 de la FCI, section 1.1 (chiens d’arrêt continentaux de type braque) [1]
PoidsMâles 25 à 32 kg, femelles 20 à 27 kg [2]
TailleMâles 62 à 66 cm, femelles 58 à 63 cm [1]
Espérance de vieMédiane de 13,4 ans dans une grande étude britannique, avec un risque de mort précoce plus faible que chez les croisés [3]
PoilCourt et dense, rêche et dur au toucher ; marron, rouan marron ou blanc avec des marques marron, et les mêmes nuances en noir [1]

Origine

La race remonte aux chiens d’arrêt utilisés pour la chasse aux filets du gibier à plume et pour la chasse au vol, arrivés dans les cours princières allemandes par la France, l’Espagne et les Flandres. Avec la mise au point du fusil à deux coups vers 1750, le chien d’arrêt pur est peu à peu devenu un chien de chasse polyvalent. Le livre des origines de la race, le « Zuchtbuch Deutsch-Kurzhaar », paraît depuis 1897, et le prince Albrecht zu Solms-Braunfeld en a fixé les caractères et les premières règles d’épreuves [1].

L’American Kennel Club l’a reconnu en 1930 sous le nom de German Shorthaired Pointer, dans son groupe des chiens d’arrêt et de rapport [2].

Les problèmes de santé fréquents

  • Dilatation-torsion de l’estomac : le braque allemand fait partie des races qui ont un risque plus élevé que les chiens croisés. Dans une étude génétique de 147 chiens atteints, un variant qui semblait protéger contre la maladie n’a été trouvé que chez le colley, le braque allemand et le dogue allemand [10]. Le braque de Weimar est un autre chien d’arrêt à risque plus élevé [10].
  • Lupus érythémateux cutané exfoliatif (LECE) : une maladie héréditaire et récessive de la peau, qui desquame. Deux copies d’un variant du gène UNC93B1 ont été trouvées chez les 23 braques allemands atteints et chez un braque hongrois atteint, mais chez aucun des 845 chiens témoins [5]. Chez 7 chiens atteints, les reins présentaient une maladie glomérulaire à complexes immuns proche de la néphrite lupique de l’humain [6].
  • Épidermolyse bulleuse jonctionnelle : une maladie héréditaire où la peau se décolle et forme des bulles, due à une insertion dans le gène LAMA3. Sur 750 braques allemands testés en Italie de 2009 à 2018, 97 (12,9 %) étaient porteurs, et le variant est devenu plus rare au fil des ans [7].
  • Maladie de von Willebrand de type 2 : un trouble héréditaire de la coagulation. Dans une lignée de braques allemands, tous les chiens dont le facteur de von Willebrand était inférieur à 70 % de la normale portaient un variant du gène VWF, et un test PCR a permis d’obtenir des chiots indemnes [8].
  • Dégénérescence des cônes : une cécité de jour héréditaire, avec perte de la fonction des cônes chez le chien adulte, due dans cette race à un variant faux-sens du gène CNGB3 [9].
  • Peu de dysplasie de la hanche : sur les radiographies de dépistage suédoises de 2007 à 2016, seuls 4,7 % des 725 braques allemands avaient une dysplasie de la hanche, l’un des trois taux les plus bas des 72 races [4].

Ce qui est particulier dans les analyses du braque allemand

Nous n’avons pas trouvé d’intervalles de référence propres à la race pour le bilan courant. Plusieurs maladies de la race se voient pourtant sur les analyses de sang et d’urine.

Protéines urinaires chez les chiens atteints de LECE. Sur 7 chiens atteints, 5 avaient une protéinurie à l’analyse d’urine ou au rapport protéines/créatinine urinaire, 2 avaient par moments une albumine basse et aucun n’avait de valeurs rénales élevées. Les auteurs conseillent de surveiller la fonction rénale des chiens atteints pour un dépistage précoce [6]. Voir la protéinurie et l’albumine et les globulines.

Bilan de coagulation. La maladie de von Willebrand de type 2 se repère par un facteur de von Willebrand bas, et le variant VWF se recherche par test ADN [8].

Taurine. Dans une étude pilote, 12 braques allemands en bonne santé avaient une taurine sérique significativement plus élevée que 10 golden retrievers en bonne santé, une race chez qui des cas de cardiomyopathie dilatée liée à l’alimentation ont été signalés [11].

Groupes sanguins. Dans une étude italienne, 23 braques allemands sur 30 (76,7 %) étaient DEA 1 positifs [12]. Le groupage avant une transfusion est expliqué dans l’anémie chez le chien et le chat.

Dépistage. L’AKC recommande l’évaluation des hanches et des coudes, un examen cardiaque, un examen des yeux par un vétérinaire ophtalmologiste et le test ADN de la dégénérescence des cônes [2].

Pour aller plus loin

In English: German Shorthaired Pointer.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Les parents ont-ils été testés pour le LECE, l’épidermolyse bulleuse jonctionnelle, la maladie de von Willebrand et la dégénérescence des cônes ?
  2. Quels sont les premiers signes d’une dilatation-torsion de l’estomac, et que faire si je les vois ?
  3. Si mon chien a des lésions de peau qui desquament, peut-il s’agir d’un LECE, et faut-il rechercher des protéines dans ses urines ?
  4. Faut-il doser le facteur de von Willebrand de mon chien avant une chirurgie ?
  5. Les hanches, les coudes, le cœur et les yeux de mon chien ont-ils été contrôlés ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un braque allemand ?

Une grande étude britannique a trouvé une durée de vie médiane de 13,4 ans, avec un risque de mort précoce plus faible que chez les croisés [3].

Le braque allemand est-il sujet à la dilatation-torsion de l’estomac ?

Oui. La race fait partie de celles qui ont un risque plus élevé que les chiens croisés [10].

Qu’est-ce que le LECE du braque allemand ?

Le lupus érythémateux cutané exfoliatif est une maladie héréditaire de la peau, qui desquame, due à un variant du gène UNC93B1 [5]. Les chiens atteints peuvent développer une atteinte rénale de type lupique avec des protéines dans l’urine [6].

Quels tests ADN pour un braque allemand ?

Les variants du LECE [5], de l’épidermolyse bulleuse jonctionnelle [7], de la maladie de von Willebrand de type 2 [8] et de la dégénérescence des cônes [9] sont connus et se recherchent par génotypage. L’AKC compte le test de la dégénérescence des cônes parmi les dépistages recommandés [2].

Le braque allemand a-t-il de la dysplasie de la hanche ?

Rarement par rapport aux autres races : seuls 4,7 % des chiens dépistés en Suède en avaient une [4].

Sources

  1. FCI. Standard n° 119 : Deutsch Kurzhaar (Braque allemand à poil court). 2001. fci.be/Nomenclature/Standards/119g07-fr.pdf
  2. American Kennel Club. German Shorthaired Pointer: dog breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/german-shorthaired-pointer
  3. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  4. Engdahl K et al. Prevalence of hip and elbow dysplasia in young adult dogs in Sweden. Vet Rec. 2026;198(12):e560-e573 (en anglais). doi.org/10.1002/vetr.70224
  5. Leeb T et al. A missense variant affecting the C-terminal tail of UNC93B1 in dogs with exfoliative cutaneous lupus erythematosus (ECLE). Genes (Basel). 2020;11(2):159 (en anglais). doi.org/10.3390/genes11020159
  6. Amerman HK et al. German Shorthaired Pointer dogs with exfoliative cutaneous lupus erythematosus develop immune-complex membranous glomerulonephropathy. Vet Pathol. 2023;60(6):843-848 (en anglais). doi.org/10.1177/03009858231173362
  7. Frattini S et al. Genetic trend of the junctional epidermolysis bullosa in the German shorthaired pointer in Italy. Vet Rec Open. 2021;8(1):e15 (en anglais). doi.org/10.1002/vro2.15
  8. Kramer JW et al. A von Willebrand’s factor genomic nucleotide variant and polymerase chain reaction diagnostic test associated with inheritable type-2 von Willebrand’s disease in a line of German shorthaired pointer dogs. Vet Pathol. 2004;41(3):221-228 (en anglais). doi.org/10.1354/vp.41-3-221
  9. Sidjanin DJ et al. Canine CNGB3 mutations establish cone degeneration as orthologous to the human achromatopsia locus ACHM3. Hum Mol Genet. 2002;11(16):1823-1833 (en anglais). doi.org/10.1093/hmg/11.16.1823
  10. Piras IS et al. Identification of genetic susceptibility factors associated with canine gastric dilatation-volvulus. Genes (Basel). 2020;11(11):1313 (en anglais). doi.org/10.3390/genes11111313
  11. Bagardi M et al. Preliminary data on echocardiographic evaluation and serum taurine concentration in healthy dogs of two breeds (10 Golden Retrievers and 12 German Shorthaired Pointers) with different predispositions to nutritional dilated cardiomyopathy: a pilot study. Animals (Basel). 2022;12(21):2924 (en anglais). doi.org/10.3390/ani12212924
  12. Medina Valentin AA, Gavazza A, Lubas G. Prevalence of dog erythrocyte antigen 1 in 7,414 dogs in Italy. Vet Med Int. 2017;2017:5914629 (en anglais). doi.org/10.1155/2017/5914629

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.