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RACE · CHIEN

Shar pei : santé et ce que montrent les analyses

Les plis du shar pei viennent d’une modification génétique qui le prédispose aussi à des fièvres à répétition. La race est sujette à l’amylose rénale, son espérance de vie est plus courte que la moyenne, et ses analyses de sang et d’urine gagnent à être lues en pensant à la race : protéines dans l’urine, valeurs rénales, vitamine B12 et hormones thyroïdiennes.

Un shar pei fauve debout lors d’une exposition canine, avec sa tête plissée.
Photo : Томасина · CC BY-SA 3.0 · via Wikimedia Commons

L’essentiel

La durée de vie médiane du shar pei est de 10,6 ans dans une grande étude britannique, et les maladies rénales causaient 13 % des décès de cause connue dans les cliniques britanniques. Près d’un shar pei sur cinq est soigné chaque année pour un entropion. Une duplication proche du gène HAS2, à l’origine de la peau épaisse et plissée de la race, est liée à la fièvre du shar pei. Les shar peis atteints d’amylose rénale sont plus jeunes et ont une créatinine plus élevée que les autres chiens atteints, et la protéinurie est l’anomalie la plus constante. Beaucoup de shar peis ont une vitamine B12 basse, la race a plus de risque d’hypothyroïdie, et des globules rouges riches en potassium peuvent faire croire à une hyperkaliémie.

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En bref

CaractéristiqueDétail
OrigineChine [1]
GroupeFCI groupe 2, section 2.1 (molossoïdes de type dogue) [1]
PoidsPoids adulte médian de 22,3 kg dans les cliniques britanniques : 23,5 kg chez les mâles, 20,8 kg chez les femelles [3]
Taille44 à 51 cm [1] ; 46 à 51 cm selon l’AKC [2]
Espérance de vieMédiane de 10,6 ans dans une grande étude britannique [4] ; âge médian au décès de 7,3 ans dans les dossiers vétérinaires britanniques [3]
PoilCourt, dur et rêche, de 1 à 2,5 cm, sans sous-poil ; toutes les couleurs unies sauf le blanc [1]

Origine

Le shar pei existe depuis des siècles dans les provinces chinoises qui bordent la mer de Chine méridionale, probablement autour de la ville de Dialak ; c’était un chien de chasse et de garde [1]. Son nom se traduit par « peau de papier de verre » [3].

La race a été réinventée comme chien de compagnie aux États-Unis à la fin des années 1970, où un type plus plissé et plus lourd, dit « meat mouth », a remplacé le type traditionnel « bone mouth » apprécié en Chine [3]. Les éleveurs occidentaux ont fortement sélectionné une peau épaisse et très plissée [5].

Problèmes de santé fréquents

  • Yeux, oreilles et peau : parmi 1 913 shar peis suivis dans des cliniques britanniques, les diagnostics les plus fréquents en un an étaient l’entropion (paupières enroulées vers l’intérieur, 17,88 %), l’otite externe (16,36 %), les autres affections de l’oreille (6,69 %), l’agressivité (5,23 %) et la pyodermite (4,29 %) [3].
  • Fièvre du shar pei : cette maladie auto-inflammatoire héréditaire provoque des épisodes répétés de fièvre sans infection. Elle a été diagnostiquée chez 3,03 % des shar peis des cliniques britanniques en un an [3], mais dans une enquête britannique 52 shar peis sur 106 (49 %) avaient fait au moins un épisode, avec une température médiane de 40,1 °C ; les propriétaires signalaient en médiane quatre épisodes par an, deux fois plus que les dossiers vétérinaires [7].
  • Amylose rénale : sur 91 chiens atteints d’amylose rénale, les shar peis étaient bien plus jeunes que les autres races (médiane de 4,8 ans contre 9,0 ans), avaient tous des dépôts d’amyloïde dans la partie interne du rein (médullaire) et plus souvent des dépôts hors des reins. La survie médiane après le diagnostic n’était que de 5 jours pour l’ensemble des chiens [8]. Les maladies rénales causaient 13,24 % des décès de cause connue chez les shar peis britanniques [3]. Voir insuffisance rénale du chien.
  • Hypothyroïdie : dans les cliniques britanniques, le shar pei avait 2,8 fois plus de risque de recevoir un diagnostic d’hypothyroïdie que les chiens croisés [11]. Voir hypothyroïdie du chien.
  • Coudes : parmi les shar peis dont les radiographies des coudes ont été évaluées par l’Orthopedic Foundation for Animals (OFA) américaine entre 1970 et 2015, 24,0 % avaient une dysplasie du coude, le quatrième taux le plus élevé de 60 races [12].
  • Cancer : les tumeurs étaient la première cause de décès de cause connue (15,44 %) [3].

Ce qui est particulier dans les analyses du shar pei

  • Protéines dans l’urine et valeurs rénales. Chez les chiens atteints d’amylose rénale, un rapport protéines/créatinine urinaires (RPCU) élevé était l’anomalie la plus constante (96 % de l’ensemble des chiens). Au diagnostic, la créatinine était trois fois plus élevée chez les shar peis que chez les autres chiens, alors que l’albumine basse était moins fréquente (64,7 % contre 100 %) et qu’aucun n’avait de syndrome néphrotique. Plus la créatinine était élevée, plus la survie était courte [8]. Voir protéinurie du chien et du chat et créatinine du chien.
  • Vitamine B12 (cobalamine). Sur 139 échantillons de shar peis envoyés à un laboratoire américain de gastro-entérologie, 64,0 % avaient une cobalamine sous l’intervalle de référence et 38,1 % une cobalamine indétectable. Même les shar peis en bonne santé avaient un acide méthylmalonique plus élevé, signe d’un manque de B12 dans les cellules, que les autres chiens [9]. Voir diarrhée chronique du chien.
  • Potassium. Un cas publié décrit un shar pei dont le potassium était un peu élevé (6,3 mmol/L) sans aucun signe, parce que ses globules rouges étaient riches en potassium, comme chez l’akita et le shiba. Il avait aussi une CCMH basse et un IDR élevé. Une pseudo-hyperkaliémie doit être envisagée quand le potassium d’un shar pei est élevé sans raison claire [10]. Voir prise de sang du chien.
  • Test ADN de la fièvre du shar pei. La fièvre est liée à des variations du nombre de copies d’une région située en amont du gène HAS2, qui commande la production d’acide hyaluronique dans la peau [5]. Les chiens porteurs d’une forme de ce variant (allèle 5 du CNV_16.1) avaient quatre fois plus de risque de maladie auto-inflammatoire du shar pei, et un test par PCR digitale pourrait aider les éleveurs à réduire le nombre de chiens à haut risque [6].

Pour les résultats de routine, notre guide de la prise de sang du chien explique chaque valeur.

Pour aller plus loin

In English: Shar Pei.

Questions à poser à votre vétérinaire

  1. Faut-il contrôler régulièrement le RPCU de mon chien, vu le risque d’amylose dans la race ?
  2. La fièvre de mon chien a-t-elle été explorée pour une infection, ou peut-il s’agir d’un épisode de fièvre du shar pei ?
  3. La vitamine B12 de mon chien a-t-elle été dosée ?
  4. Ce potassium élevé est-il réel, ou peut-il venir des globules rouges ?
  5. Les paupières et les oreilles de mon chien posent-elles des problèmes à traiter ?
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Questions fréquentes

Quelle est l’espérance de vie d’un shar pei ?

Une grande étude britannique a trouvé une durée de vie médiane de 10,6 ans [4]. Dans les dossiers vétérinaires britanniques, l’âge médian au décès était de 7,3 ans [3].

Quelles sont les maladies du shar pei ?

L’entropion, les otites et les infections de la peau sont les problèmes les plus fréquents [3]. La race est aussi sujette à la fièvre du shar pei [7], à l’amylose rénale [8] et à l’hypothyroïdie [11].

Qu’est-ce que la fièvre du shar pei ?

Une maladie auto-inflammatoire héréditaire avec des poussées répétées de forte fièvre. Elle est liée à une duplication proche du gène HAS2, qui donne aussi à la race sa peau épaisse et plissée [5].

Pourquoi analyser l’urine d’un shar pei ?

L’amylose rénale est une maladie grave dans la race, et un RPCU élevé était présent chez 96 % des chiens atteints [8].

Pourquoi la vitamine B12 de mon shar pei est-elle basse ?

Une cobalamine basse est très fréquente chez le shar pei : 64 % des échantillons analysés par un laboratoire américain étaient sous l’intervalle de référence. Elle est encore plus basse chez les shar peis atteints d’une maladie intestinale, et même les shar peis en bonne santé peuvent avoir un manque caché [9].

Sources

  1. FCI. Standard n° 309 : Shar pei. 1999 (en anglais). fci.be/Nomenclature/Standards/309g02-en.pdf
  2. American Kennel Club. Chinese Shar-Pei: dog breed information (en anglais). akc.org/dog-breeds/chinese-shar-pei
  3. O’Neill DG et al. Is it now time to iron out the wrinkles? Health of Shar Pei dogs under primary veterinary care in the UK. Canine Med Genet. 2023;10:11 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-023-00134-z
  4. McMillan KM et al. Longevity of companion dog breeds: those at risk from early death. Sci Rep. 2024;14:531, tableau supplémentaire S3 (en anglais). doi.org/10.1038/s41598-023-50458-w
  5. Olsson M et al. A novel unstable duplication upstream of HAS2 predisposes to a breed-defining skin phenotype and a periodic fever syndrome in Chinese Shar-Pei dogs. PLoS Genet. 2011;7(3):e1001332 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pgen.1001332
  6. Olsson M et al. Absolute quantification reveals the stable transmission of a high copy number variant linked to autoinflammatory disease. BMC Genomics. 2016;17:299 (en anglais). doi.org/10.1186/s12864-016-2619-0
  7. Work M et al. A survey on Shar Pei autoinflammatory disease in the United Kingdom. J Small Anim Pract. 2023;64(6):401-408 (en anglais). doi.org/10.1111/jsap.13602
  8. Segev G et al. Renal amyloidosis in dogs: a retrospective study of 91 cases with comparison of the disease between Shar-Pei and non-Shar-Pei dogs. J Vet Intern Med. 2012;26(2):259-268 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-1676.2011.00878.x
  9. Bishop MA et al. Partial characterization of cobalamin deficiency in Chinese Shar Peis. Vet J. 2012;191(1):41-45 (en anglais). doi.org/10.1016/j.tvjl.2011.05.008
  10. Battison A. Apparent pseudohyperkalemia in a Chinese Shar Pei dog. Vet Clin Pathol. 2007;36(1):89-93 (en anglais). doi.org/10.1111/j.1939-165x.2007.tb00188.x
  11. O’Neill DG et al. Frequency, breed predispositions and other demographic risk factors for diagnosis of hypothyroidism in dogs under primary veterinary care in the UK. Canine Med Genet. 2022;9:11 (en anglais). doi.org/10.1186/s40575-022-00123-8
  12. Oberbauer AM et al. Long-term genetic selection reduced prevalence of hip and elbow dysplasia in 60 dog breeds. PLoS One. 2017;12(2):e0172918 (en anglais). doi.org/10.1371/journal.pone.0172918

Les méthodes et les intervalles de référence varient d’un laboratoire à l’autre. Cet article explique ; il ne pose pas de diagnostic. Pour toute décision, appuyez-vous sur le compte rendu original et sur votre vétérinaire. Notre méthode éditoriale.